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Fiche étudeSimilarwebRapport annuel 2026

Similarweb 2026 : le rapport annuel sur l'IA générative chiffre par chiffre

« 2026 Generative AI Landscape: The Evolution of AI Search », 38 pages, juillet 2026 Auteurs : Laurie Naspe et Sam Sheridan (Market Insights, Similarweb) Données : juin 2024 à juin 2026 selon les graphiques Lecture : ~20 min Analyse : Josselin Leydier
  • Les plateformes d'IA générative reçoivent 9,5 milliards de visites par mois en moyenne de juin 2025 à mai 2026 (5,6 Md l'année précédente, +70 %), pour 655 millions de visiteurs uniques (418 M, +57 %) et 4,4 milliards de téléchargements d'application (+58 %).
  • Sur la même période, la recherche gagne +2 % de visiteurs uniques, le social et l'e-commerce +7 %, l'IA +57 %. Une seule catégorie recule, les médias, à −5 %.
  • ChatGPT n'est plus seul. Sa part des visites web des chatbots passe d'environ 76 % (juin 2025) à environ 53 % (mai 2026), pendant que Gemini monte vers 27,5 % et Claude vers 9 %.
  • La part des réponses ChatGPT contenant un lien passe d'environ 1,6 % à 6,8 % en un an (États-Unis, desktop). Elle va de 22,6 % dans le voyage à 4,8 % dans l'éducation.
  • 65 % des pages citées sont à deux ou trois niveaux de profondeur, mais 58,8 % des visites envoyées par ChatGPT arrivent sur la page d'accueil, depuis une mise à jour du 7 mai 2026.
  • La publicité apparaît dans 26 % des conversations ChatGPT en juin 2026, contre 14 % en mai (États-Unis, desktop).
  • Le rapport ne mesure pas le clic sortant de Google. Il compte des visites et des visiteurs par plateforme. La lecture « l'IA ne remplace pas Google » repose sur cette variable, pas sur le trafic que Google renvoie aux sites.

Similarweb publie chaque année un état des lieux du marché de l'IA générative. L'édition 2026, The Evolution of AI Search, fait 38 pages et a été mise en ligne fin juillet 2026, le même jour qu'un article de synthèse sur le blog de l'éditeur. J'ai écrit cette fiche à partir du PDF original, graphique par graphique, parce que plusieurs chiffres qui circulent viennent du blog et ne coïncident pas tous avec le document (je les rassemble en fin de page).

C'est la suite de la mesure de juillet 2025 que j'ai déjà en fiche (1,13 Md de visites IA face à 191 Md pour Google), avec un périmètre bien plus large. Le rapport couvre l'usage, l'âge des utilisateurs, la façon dont on écrit aux assistants, les citations, le trafic envoyé aux sites et la publicité. Ses données viennent du panel de navigation de Similarweb, le même que celui de l'étude zero-click 2026 de SparkToro. Il ne couvre ni l'usage par API, ni les applications de bureau, ni l'IA intégrée à d'autres applications. Les 9,5 milliards de visites mesurent donc le trafic web des chatbots, pas la taille du marché de l'IA.

Trois courbes qui montent ensemble

Le rapport ouvre sur trois mesures comparées sur deux périodes de douze mois consécutives, ce qui neutralise les effets de saison.

Plateformes d'IA générative : visites, visiteurs uniques et téléchargements Plateformes d'IA générative, monde, moyennes mensuelles Juin 2024 - mai 2025 Juin 2025 - mai 2026 5,6 Md 9,5 Md Visites mensuelles +70 % 418 M 655 M Visiteurs uniques +57 % 2,8 Md 4,4 Md Téléchargements d'app +58 % Chaque groupe a sa propre échelle, et les hauteurs se comparent à l'intérieur d'un groupe, pas entre groupes.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 6. Monde, web et applications.

Les trois chiffres disent la même chose sous trois angles. Il y a plus d'utilisateurs, ils reviennent plus souvent, et de plus en plus depuis leur téléphone. En divisant les visites par les visiteurs, on obtient environ 14,5 visites par personne et par mois, le signe d'un usage installé plutôt que d'une curiosité.

Les médias, seule catégorie du web en recul

Page 14, le rapport compare les grandes catégories du web en visiteurs uniques mensuels, sur les deux mêmes périodes. C'est à mes yeux le graphique le plus instructif du document pour un éditeur.

Visiteurs uniques mensuels par grande catégorie web Visiteurs uniques mensuels moyens par catégorie, monde Juin 2024 - mai 2025 Juin 2025 - mai 2026 0 1 Md 2 Md 3 Md 3,2 → 3,3 Md Recherche +2 % 2,2 → 2,4 Md Social +7 % 2,0 → 2,2 Md E-commerce +7 % 1,5 → 1,4 Md Médias et éditeurs −5 % 0,42 → 0,65 Chatbots IA +57 % Une seule catégorie recule sur l'année, celle des médias.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 14. Monde, desktop et mobile web.

La recherche gagne 2 % de visiteurs uniques. Elle ne s'effondre pas, ce qui va dans le sens de la lecture « l'IA ne remplace pas Google ». Mais la seule catégorie qui perd des visiteurs sur la période est celle des médias, dont le modèle dépend largement du trafic que leur envoie la recherche. Le rapport ne dit pas pourquoi elle recule, et un panel ne permet pas d'isoler la cause. Le fait reste frappant.

Le rapport laisse un intervenant extérieur en tirer la conséquence. Harry Clarkson-Bennett, ancien du Telegraph, y est cité : « News and publisher sites, on the other hand, need to find new ways to attract and maintain audiences in the era of AI, with a focus on audience engagement, loyalty and less expectation on traditional channels giving back the same results. » Pour les médias, cela revient à ne plus compter sur les canaux traditionnels pour rendre ce qu'ils rendaient.

95 % des utilisateurs de ChatGPT vont aussi sur Google

Page 12, le rapport mesure le recouvrement entre les audiences de chatgpt.com et de google.com sur mars-mai 2026. Sur 494 millions d'utilisateurs de ChatGPT, 461 millions utilisent aussi Google, soit 95 %, pour une audience google.com de 3,3 milliards.

Recouvrement d'audience ChatGPT et Google Recouvrement d'audience, monde, mars - mai 2026 Google 3,3 Md ChatGPT 494 M 461 M (95 %) Le chiffre ne bouge pas Septembre 2025 95 % Mars - mai 2026 95 % Aucune variation depuis septembre 2025. Cercles à l'échelle des audiences. Le recouvrement est annoté, sa surface n'est pas à l'échelle.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, pages 2 et 12.
Un chiffre attendu plus qu'une découverte. Google.com compte 3,3 milliards de visiteurs dans ce rapport, et ceux qui utilisent déjà un assistant en ligne font partie des internautes les plus actifs. Un recoupement très élevé était donc prévisible, quel que soit leur usage de ChatGPT. La synthèse de la page 2 précise d'ailleurs « vs 95 % in Sep 2025 », si bien que le chiffre n'a pas bougé entre septembre 2025 et mai 2026. Il mesure une coprésence, pas une dynamique, et il deviendrait intéressant s'il baissait.

Le même graphique montre que les assistants se partagent les mêmes personnes. ChatGPT compte 494 millions d'utilisateurs, Gemini 310 millions, Claude 86 millions, et 29 millions utilisent les trois. Les gens essaient plusieurs assistants au lieu de s'attacher à un seul, ce qui rejoint la fragmentation décrite juste après.

ChatGPT perd vingt points de part de visites en un an

Sur le web, la part de ChatGPT dans les visites des chatbots recule continûment depuis l'été 2025, pendant que Gemini et Claude progressent. Ces parts portent sur les seuls domaines des chatbots (chatgpt.com, gemini.google.com, claude.ai…) et n'incluent pas l'IA intégrée aux autres services des mêmes groupes, comme Grok dans X.

Parts de visites des chatbots IA, juin 2025 vs mai 2026 Part des visites web des chatbots d'IA générative Juin 2025 Mai 2026 0 % 30 % 60 % 90 % ~76 % ~53 % ChatGPT −23 points < 9 % ~27,5 % Gemini +19 points ~2 % ~9 % Claude +7 points
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 7. Valeurs arrondies publiées par Similarweb sur son blog le 29 juillet 2026.

Les valeurs ci-dessus sont celles que Similarweb publie sur son blog. Relevées sur le graphique de la page 7, qui ne compte que les sept chatbots représentés, elles sont un peu plus hautes pour ChatGPT (environ 78 % puis 54 %) et identiques à un point près pour Gemini (28 %) et Claude (9 %). La tendance, elle, ne fait aucun doute, et l'essentiel du basculement se joue entre septembre 2025 et mai 2026.

Sur les applications mobiles américaines, le classement des croissances est encore plus contrasté, avec deux reculs que les résumés ont souvent ignorés.

Application Utilisateurs actifs mensuels, mai 2026 contre juin 2025 (États-Unis)
Meta AI +435 %
Claude +349 %
Grok +117 %
Perplexity +94 %
ChatGPT +87 %
Gemini +31 %
DeepSeek −23 %
Microsoft 365 Copilot −31 %

Ces pourcentages mesurent la vitesse, pas la taille. ChatGPT reste de loin la première application, avec environ 50 millions d'utilisateurs actifs mensuels aux États-Unis en mai 2026, devant Gemini à environ 30 millions. Le +349 % de Claude part d'une base bien plus petite.

Meta AI est un cas à part. Pour son audience mondiale, le rapport reprend les chiffres publics de Meta, soit 384 millions d'utilisateurs actifs mensuels en septembre 2024, 1,0 milliard en octobre 2025 et 1,2 milliard en mars 2026. Ces données viennent des déclarations de Meta et non de la mesure de Similarweb, et le document précise qu'elles se lisent comme un indicateur d'adoption de l'IA intégrée, pas comme une part de marché. Un utilisateur de Meta AI n'a pas forcément choisi Meta AI, il a souvent ouvert Instagram ou WhatsApp.
Une part d'audience n'est pas une part de trafic. Ces 53 % et ces 27,5 % comptent les visites reçues par les chatbots eux-mêmes. Ils ne disent rien du trafic que ces chatbots envoient ensuite vers les sites, où ChatGPT domine toujours, avec 92,4 % des sessions renvoyées par les IA de novembre 2024 à mai 2026 selon Previsible, et 87,4 % selon Conductor. Gemini reçoit donc environ un quart des visites faites aux chatbots, mais une très faible part des clics envoyés aux sites. Délaisser Gemini, c'est renoncer à une part de l'exposition plus qu'à une part du trafic, d'autant qu'il ne choisit pas ses sources comme ChatGPT (voir comment Gemini choisit ses sources).

Le public des chatbots s'élargit aux plus de 35 ans

Aux États-Unis, la part des 18-34 ans dans l'usage des chatbots est passée de 61 % en mai 2024 à 50 % en mai 2026. Le mouvement est régulier, tranche par tranche, sur trois relevés annuels. Ce sont des parts de l'usage, qui disent que les plus âgés s'y mettent, pas que les plus jeunes utilisent moins les chatbots.

Usage des chatbots IA par tranche d'âge, États-Unis Répartition de l'usage des chatbots IA par tranche d'âge, États-Unis Mai 2024 Mai 2025 Mai 2026 0 % 10 % 20 % 30 % 28 24 22 18-24 ans −6 pts 33 29 28 25-34 ans −5 pts 16 17 18 35-44 ans +2 pts 12 14 16 45-54 ans +4 pts 12 16 18 55 ans et plus +6 pts Les 18-34 ans pesaient 61 % de l'usage en 2024, ils en pèsent 50 % en 2026.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 16. États-Unis, desktop et mobile web.

Ce basculement compte pour une raison précise. Tant que l'IA générative restait un usage de moins de 35 ans, un éditeur pouvait penser que son public n'était pas concerné. Quand la moitié des utilisateurs a plus de 34 ans, l'argument tombe pour presque tous les secteurs, y compris ceux qui s'en croyaient protégés (banque, immobilier, santé).

Un premier signe de lassitude chez les plus jeunes. Page 17, Similarweb relève un rejet naissant de l'IA chez les 18-24 ans. Sur le moteur de recherche sans IA de DuckDuckGo (noai.duckduckgo.com), ils pèsent 33 % de l'audience, contre 16 % de l'ensemble des internautes américains, sur mars-mai 2026. C'est un signal faible, sur un service marginal, et le rapport parle lui-même de premiers signes (« Early signs of AI fatigue are emerging among Gen Z »), pas d'une tendance établie.

Chaque assistant a son usage

Le rapport place chaque plateforme selon deux mesures, la longueur médiane des prompts (en mots) et le nombre de prompts par session. Le graphique qui en sort dessine quatre familles d'usage.

Comment on utilise chaque assistant Longueur des prompts et nombre de prompts par session États-Unis, desktop et mobile web, juin 2025 à mai 2026 Conversation Recherche Réponses rapides Tâches Claude ChatGPT Perplexity AI Mode Gemini Copilot 81012141618 23456 Longueur médiane d'un prompt, en mots Prompts par session Plus un assistant est en haut à droite, plus on y écrit longuement et longtemps.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 19. Positions relevées sur les tracés du PDF, à quelques dixièmes près. Les familles d'usage sont celles du rapport.

Claude et ChatGPT servent à converser, avec des prompts longs et de nombreux allers-retours. Claude se détache sur les deux axes, avec environ 17 mots par prompt et plus de cinq prompts par session. Perplexity occupe une position intermédiaire, tournée vers la recherche. AI Mode et Gemini servent à obtenir une réponse rapide, avec peu d'échanges, et Copilot à exécuter une tâche. Pour un site, cela veut dire que la même question ne se pose pas de la même façon selon l'assistant. Chez Gemini et AI Mode, les échanges ressemblent davantage à une recherche, courte et vite conclue.

Les publics diffèrent autant que les usages. Le rapport compare la probabilité qu'ont les utilisateurs de chaque plateforme de visiter une catégorie de sites, par rapport aux visiteurs de Google Search.

Affinités d'audience par plateforme

Probabilité de visiter une catégorie, comparée aux visiteurs de Google Search (Google = 1x)

  • Claude → universités 25x
  • Gemini → design graphique 4,8x
  • Gemini → sécurité informatique 3,1x
  • Claude → programmation 3,0x
  • ChatGPT → restauration et livraison 2,4x
  • ChatGPT → santé 2,3x

Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 20. Monde, desktop, octobre 2024 - septembre 2025. Le rapport le résume ainsi, ChatGPT attire des consommateurs généralistes, Claude des professionnels et des étudiants, Gemini un public technique.

L'écart de 25 fois sur les sites d'universités pour Claude n'a rien d'un détail. Un éditeur qui vise l'enseignement supérieur ne joue pas la même partie qu'un éditeur grand public, et le moteur à travailler en priorité dépend du secteur autant que du volume global.

Le rapport note enfin un effet en retour sur Google. La longueur moyenne d'une recherche monte régulièrement depuis un an, et la part des requêtes de plus de cinq mots passe de 13,6 % (mai 2025) à 16,1 % (mai 2026), pendant que celle des requêtes d'un seul mot recule de 16,3 % à 15,3 %. Le rapport y voit l'effet des habitudes prises avec les assistants, une explication plausible que ces chiffres seuls ne démontrent pas.

Quatre fois plus de réponses avec un lien, qui restent rares

La part des réponses ChatGPT qui contiennent au moins un lien vers un site atteint 6,8 % en mai 2026 (États-Unis, desktop). Elle était d'environ 1,6 % en juin 2025. La progression est forte, mais le niveau reste bas, puisque plus de 93 % des réponses ne renvoient toujours vers aucun site.

Part des réponses ChatGPT contenant un lien, mois par mois Part des réponses ChatGPT contenant un lien vers un site États-Unis, desktop, juin 2025 à mai 2026 0 %2 %4 %6 % 1,6 % 6,8 % le saut de l'automne juin 25juil.aoûtsept.oct.nov.déc.janv. 26févr.marsavr.mai 26 De 1,6 % à 6,8 % en un an, soit environ quatre fois plus, l'essentiel entre septembre et octobre 2025.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 25. Valeurs relevées sur les tracés du PDF, au dixième de point. Le blog de Similarweb donne les mêmes bornes, 1,6 % et 6,8 %.

La courbe montre aussi que la hausse ne s'est pas faite progressivement. Elle tient pour l'essentiel à un saut entre septembre et octobre 2025, suivi d'un léger reflux pendant l'hiver puis d'une remontée au printemps. Le texte du rapport parle d'une multiplication « par plus de cinq » en moins d'un an, mais son propre graphique, comme le blog de Similarweb, donne un rapport d'environ quatre.

La moyenne masque surtout un écart de un à cinq entre secteurs, et c'est ce chiffre-là qui doit fixer les objectifs d'un site.

Taux de citation des réponses ChatGPT par secteur Part des réponses ChatGPT contenant une citation, par secteur États-Unis, desktop, mai 2026 Voyage 22,6 % Retail 13,5 % Sport 10,7 % Finance 8,0 % Toutes réponses 6,8 % Technologie 6,6 % Santé 6,3 % Médias et divertissement 6,0 % Éducation 4,8 % La ligne pointillée marque la moyenne à 6,8 %. Le voyage cite près de cinq fois plus que l'éducation.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 25.

Le rapport en donne une explication cohérente. Le modèle va chercher le web quand l'utilisateur compare des produits, prépare un achat ou a besoin d'une information récente. Le voyage, le commerce et le sport réunissent ces trois situations, l'éducation beaucoup moins.

Le type de site cité change aussi selon le sujet. Dans la beauté, les sites marchands pèsent 54,7 % des citations de ChatGPT. Dans le voyage, ce sont les avis et contenus d'utilisateurs, à 54,1 %. En finance, les sites financiers spécialisés arrivent en tête (36,6 %), devant la presse (28,0 %). Le rapport en conclut qu'il n'existe pas de stratégie d'optimisation universelle, ce que confirment mes fiches Meltwater et Semrush sur les domaines cités.

Le rappel de Lily Ray dans le rapport. « Every major AI search product relies on RAG (retrieval-augmented generation), which means live retrieval is dependent on positioning well within search engines. If your organic visibility dips, your AI search visibility will follow, as language models are less likely to retrieve your content. » Elle ajoute avoir vu des marques accélérer leur production de contenu par IA pour gagner en visibilité IA, abîmer leur SEO au passage, et se retrouver avec une pente plus dure à remonter des deux côtés. C'est le cœur de la relation entre les deux disciplines, que je développe dans GEO et SEO.

La page citée n'est pas la page visitée

Similarweb compare la profondeur dans l'arborescence des pages citées par ChatGPT et celle des pages qui reçoivent réellement les visites envoyées par ChatGPT. Aleyda Solis commente ces données dans le rapport. Les deux répartitions n'ont presque rien en commun.

Profondeur des URL citées contre profondeur des pages qui reçoivent le trafic ChatGPT : où sont les pages citées, où arrive le trafic États-Unis, desktop, mai 2026. Profondeur de dossier dans l'URL. URL CITÉES PAR LE MODÈLE 1,7 % 10,5 % 41,7 % 23,3 % 11,2 % 4,9 % 6,9 % 65 % des citations accueil 1 niveau 2 niveaux 3 niveaux 4 niveaux 5 niveaux 6 et plus PAGES QUI REÇOIVENT LE TRAFIC 58,8 % 14,0 % 13,6 % 6,0 % 3,8 % 3,1 % 0,6 % Le modèle lit vos pages profondes. Vos visiteurs arrivent sur votre accueil.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 30, données commentées par Aleyda Solis (Orainti).

Le rapport situe le changement au 7 mai 2026, date d'une mise à jour de la recherche dans ChatGPT qui met en avant des liens vers les sites. Sur son graphique hebdomadaire, la part des visites qui arrivent sur une page d'accueil oscille entre 25 et 28 % en mars et avril, passe à 50 % la semaine du 3 mai, puis s'installe entre 59 et 62 %. Le volume de visites envoyées augmente en même temps. C'est d'abord le produit qui a changé, et les utilisateurs ont suivi les nouveaux liens.

Aleyda Solis en tire la consigne, citée dans le document. Les pages citées et les pages d'arrivée remplissent deux fonctions différentes et doivent s'évaluer séparément, en renforçant les pages profondes qui nourrissent les réponses, et en rendant les pages d'accueil capables de convertir.

  • Le suivi par page d'arrivée sous-estime le travail GEO. Voir arriver des visites de ChatGPT sur la page d'accueil ne veut pas dire que c'est elle qui est citée. Les citations se mesurent directement, elles ne se déduisent pas des statistiques de visite.
  • La page d'accueil redevient une page d'arrivée à part entière. Un visiteur qui y arrive après une réponse de ChatGPT n'a souvent aucun contexte. Si elle ne redit pas ce que fait le site et n'ouvre pas de chemin vers les contenus profonds, la visite est perdue.
  • Un calcul de rentabilité par page fondé sur les seules pages d'arrivée risque d'attribuer à l'accueil des visites que d'autres pages ont fait gagner en étant citées.

Une marque recommandée reçoit plus de visites

Le rapport mesure aussi ce qui se passe après une recommandation. Dans trois secteurs, il compare deux marques concurrentes et regarde quelle part des utilisateurs visite chacune quand l'IA recommande l'une ou l'autre (États-Unis, desktop, juillet à décembre 2025).

L'IA recommande Visitent la marque recommandée Visitent le concurrent Écart
American Express (contre Capital One)7,2 %3,1 %×2,3
Capital One (contre American Express)14,2 %3,8 %×3,7
Skyscanner (contre Kayak)9,5 %7,6 %×1,3
Kayak (contre Skyscanner)12,0 %3,4 %×3,5
Sephora (contre Ulta)7,9 %3,3 %×2,4
Ulta (contre Sephora)7,6 %4,6 %×1,7

Le texte du rapport parle de « two to four times as many subsequent visits ». C'est vrai pour quatre duels sur six. Dans les deux autres, Skyscanner et Ulta, l'avantage existe mais reste plus modeste, de 1,3 et 1,7 fois. En moyenne, l'écart est d'environ 2,5 fois, ce qui explique sans doute le « ×2,5 » qui circule. La lecture la plus parlante est peut-être celle d'une même marque. Capital One est visitée par 14,2 % des utilisateurs quand l'IA la recommande, et par 3,1 % quand elle recommande American Express.

Une association, pas une preuve. Ces écarts sont observés sur un panel, pas mesurés par une expérience. Ils restent compatibles avec l'idée que l'IA recommande surtout des marques que l'utilisateur aurait visitées de toute façon. Rand Fishkin, cité dans le rapport, compare d'ailleurs cette mesure aux études de « lift » des campagnes d'affichage du XXe siècle, qui posaient le même problème d'attribution.

Où va le trafic envoyé par l'IA

Le rapport chiffre les visites envoyées par les plateformes d'IA vers sept secteurs, de juin 2025 à mai 2026, ainsi que leur croissance sur un an. Il ne précise pas s'il s'agit d'un total sur la période ou d'une moyenne mensuelle. Les deux classements ne se ressemblent pas. Les secteurs aux plus petits volumes progressent le plus vite, à une exception près, les places de marché, à la fois premières en volume et en forte hausse.

Secteur Visites envoyées par l'IA (monde, juin 2025 à mai 2026) Croissance sur un an
Places de marché (Amazon, Temu) 46,8 M +237,3 %
Médias et actualité 44,5 M +115,6 %
Voyage 44,5 M +115,6 %
Finance 19,1 M +236,5 %
Électronique grand public 17,1 M +215,4 %
Mode 7,1 M +278,2 %
Beauté 2,0 M +312,5 %

Une coïncidence à signaler. Les médias et le voyage portent exactement les mêmes valeurs, 44,5 millions de visites et +115,6 % de croissance, avec des barres de même hauteur sur le graphique de la page 29. Je les reproduis telles qu'elles figurent, mais une égalité aussi parfaite sur deux séries différentes ressemble davantage à une erreur de construction qu'à une mesure. Mieux vaut ne pas opposer ces deux secteurs.

Le commentaire du rapport sur les places de marché est net, l'IA favorise les grandes plateformes multicatégories au détriment des sites spécialisés plus petits (« AI favours large, multi-category platforms over smaller, vertical-specific sites »). C'est la même dynamique de concentration que celle mesurée en laboratoire dans la fiche Incumbent Advantage, observée cette fois sur du trafic réel.

Mis en regard du reste du rapport, les médias voient leurs visites venues de l'IA progresser (le chiffre exact reste douteux, voir ci-dessus) et perdent pourtant 5 % de leurs visiteurs uniques. Dans ce panel, la croissance du canal IA n'empêche pas la baisse d'audience.

La publicité entre dans les conversations

En un mois, la part des conversations ChatGPT contenant au moins une annonce est passée de 14 % (mai 2026) à 26 % (juin 2026), aux États-Unis sur desktop. Un quasi-doublement en trente jours indique un déploiement en cours plutôt qu'un palier. Le graphique par pays montre le même mouvement au Canada, en Australie et au Royaume-Uni, plus tardif et plus faible au Japon.

Indicateur publicitaire ChatGPT Valeur
Conversations avec une annonce, mai 2026 (États-Unis, desktop) 14 %
Conversations avec une annonce, juin 2026 (États-Unis, desktop) 26 %
Annonces servies après le deuxième prompt ou plus tard 66,3 %
Sessions qui continuent après l'apparition d'une annonce 65,3 %
Taux de clic des annonces 0,50 %

Le rapport ne précise pas le périmètre des trois dernières lignes. Les deux tiers d'annonces servies à partir du deuxième prompt décrivent un format très différent du référencement payant classique. L'annonce n'arrive pas sur la question de départ, mais une fois que la conversation a précisé ce que cherche l'utilisateur. Aux États-Unis, le top 10 des annonceurs de juin 2026 réunit surtout du logiciel et des services en ligne (Resume.io, Monday.com, Framer, Axon by AppLovin, Attio, BestMoney, Aikido Security, SAP), avec deux enseignes, Home Depot et VistaPrint.

Le rapport présente le taux de clic de 0,50 % comme la preuve que ces annonces génèrent déjà des visites, sans le comparer à d'autres formats. Il est trop tôt pour savoir si ce niveau tient à la jeunesse du format ou au fait qu'un utilisateur en conversation clique moins sur une publicité.

Pour une stratégie, cela veut dire que les citations organiques ne se jouent plus dans un espace vierge, mais dans un espace où un concurrent peut désormais payer pour apparaître. Le billet sur le marché payant du GEO documente la même évolution vue du côté des acheteurs.

Le rapport compte des visites, pas des clics

Le rapport a surtout été relayé sous un angle, tiré du recouvrement à 95 %, selon lequel l'IA ne remplacerait pas Google mais s'ajouterait à lui. Le rapport l'écrit lui-même en page 12, « Generative AI is expanding how people find information, but it has not replaced traditional search. »

La phrase est exacte pour ce qu'elle mesure. Mais la question que se posent les éditeurs est différente. Ils ne se demandent pas si les internautes vont encore sur Google, ils se demandent si Google leur envoie encore des visiteurs. Or Similarweb compte des visites et des visiteurs par plateforme. La visite sur Google a bien lieu et elle est comptée. Ce qui diminue, c'est le clic qui en sort, et il n'entre pas dans cette mesure.

Le même panel Similarweb sert d'ailleurs à SparkToro pour son étude 2026, qui mesure 68,01 % de recherches Google américaines sans aucun clic sur janvier-avril 2026, contre 60,45 % deux ans plus tôt, et Rand Fishkin figure parmi les experts cités dans ce rapport. Il n'y a pas de désaccord entre les deux, seulement deux variables différentes.

Étude Ce qui est mesuré Résultat
Similarweb 2026 (cette fiche) Visites et visiteurs uniques par plateforme Google garde son audience, l'IA s'ajoute
SparkToro 2026 (même panel) Part des recherches qui se terminent sans clic 68,01 % de recherches sans clic aux États-Unis, contre 60,45 % en 2024
Ahrefs (début 2026, 300 000 mots-clés) Taux de clic avec et sans AI Overview −58 % de taux de clic pour la première position
Agarwal et Sen (2026) Expérience randomisée, mesure causale −38 % de clics, 72 % de recherches sans clic avec AI Overview
Pew Research (juil. 2025) Navigation réelle de 900 adultes américains, 68 879 recherches 8 % de clics avec AI Overview contre 15 % sans, soit −47 % en relatif

Les deux constats tiennent ensemble sans se contredire. Google garde ses utilisateurs, et leur fait cliquer de moins en moins de liens. Le recul des médias à −5 %, pendant que la recherche gagne 2 %, est cohérent avec ce constat, sans le prouver. Je développe ce point dans le billet visites ou clics.

Ce qu'un site peut en tirer

  1. Ne plus raisonner « GEO égale ChatGPT » pour l'exposition. Avec 53 % des visites aux chatbots contre 27,5 % pour Gemini, une stratégie tournée vers un seul moteur laisse de côté une bonne part des occasions d'être lu, et les deux ne choisissent pas leurs sources de la même façon. Pour le trafic envoyé aux sites, en revanche, ChatGPT pèse toujours autour de 90 %.
  2. Caler ses objectifs sur le taux de citation de son secteur. Viser du trafic venu de ChatGPT dans l'éducation, où 4,8 % des réponses contiennent un lien, n'a pas le même sens que dans le voyage, à 22,6 %.
  3. Séparer les deux mesures. Suivre les citations sur les pages profondes, et la conversion sur les pages d'arrivée. Ce sont deux chantiers distincts, avec deux indicateurs distincts, comme le recommande Aleyda Solis dans le rapport.
  4. Traiter la page d'accueil comme une page d'arrivée venue de l'IA. Avec 58,8 % des visites envoyées par ChatGPT qui y arrivent, elle doit redire ce que fait le site et ouvrir un chemin vers les contenus profonds.
  5. Ne pas relâcher le SEO. Le rapport le dit par la voix de Lily Ray. Les moteurs IA vont chercher leurs sources dans un index de recherche, si bien qu'une visibilité organique qui baisse entraîne la visibilité IA avec elle.
  6. Ne pas confondre audience et trafic. Ce rapport montre que Google garde ses utilisateurs. Pour savoir ce que Google renvoie aux sites, il faut regarder SparkToro, Ahrefs, l'expérience d'Agarwal et Sen, et ses propres données Search Console.

Ce que le PDF et le blog de Similarweb ne disent pas pareil

Le même jour que le rapport, Similarweb a publié sur son blog un article de synthèse. Certains de ses chiffres ne figurent pas dans le PDF, ou pas sous la même forme, et d'autres circulent sans source précise. Voici comment les lire.

Chiffre du blog ou des reprises Ce que montre le PDF
« Les citations sont passées d'environ 1,6 % à 6,8 % » (blog) C'est bien ce que montre le graphique de la page 25. Le texte du rapport parle pourtant d'une multiplication « par plus de cinq », alors que ces deux valeurs donnent un rapport d'environ quatre.
« Voyage environ 23 %, automobile environ 20 %, services professionnels sous 4 % » (blog) Le graphique du rapport ne contient ni l'automobile ni les services professionnels. Ses valeurs sont voyage 22,6 %, commerce 13,5 %, sport 10,7 %, finance 8,0 %, technologie 6,6 %, santé 6,3 %, médias 6,0 %, éducation 4,8 %.
« Un tiers des annonces dès la première réponse » (blog) Le rapport donne la même idée sous un autre angle, 66,3 % des annonces apparaissent à partir du deuxième prompt. Il ne publie pas le détail rang par rang.
« De 26-29 % à 62-63 % des visites sur la page d'accueil » (blog) Le graphique hebdomadaire de la page 28 donne 25 à 28 % puis 59 à 62 %. Le texte du rapport arrondit à « from around 25% to nearly 60% ».
« Une recommandation de l'IA multiplie par 2,5 les visites » Ni le PDF ni le blog ne donnent ce chiffre. Il correspond à la moyenne des six duels de la page 24, dont les écarts vont de 1,3 à 3,7 fois.
« 3,3 milliards de visiteurs pour la recherche » Deux chiffres distincts qui coïncident, l'audience de google.com sur mars-mai 2026 et la catégorie « Search » à 3,3 Md de visiteurs uniques sur juin 2025-mai 2026.

Les données et leurs limites

Similarweb n'a accès ni aux statistiques des sites ni aux données internes des plateformes d'IA. Ses chiffres sont des estimations tirées d'un panel de navigation, agrégé et modélisé.

Élément Valeur
Éditeur Similarweb (société cotée, qui vend des outils de suivi de visibilité dans l'IA)
Auteurs Laurie Naspe (Director, Market Insights) et Sam Sheridan (Data Analyst)
Type de données Panel de navigation, estimations et extrapolations
Périodes Juin 2024 à mai 2026 pour les séries, mars à mai 2026 pour le recouvrement, avril à juin 2026 pour la publicité, octobre 2024 à septembre 2025 pour les affinités
Périmètre Monde pour les volumes, États-Unis pour l'âge des utilisateurs (desktop et mobile), les citations et la publicité (desktop)
Plateformes suivies ChatGPT, Gemini, Claude, Perplexity, Google AI Mode, AI Overviews, Copilot, Grok, DeepSeek, Meta AI, Amazon Alexa
Exclusions annoncées en page 2 Usage par API, applications de bureau, et fonctions IA intégrées aux applications mobiles et web
  • Un panel non documenté publiquement. Sa composition, sa pondération et ses marges d'erreur ne sont pas publiées. Le rapport le précise lui-même en page 3 (« All Similarweb data contained in this report are estimations and extrapolations based on source materials obtained from third parties, and are not warranted for accuracy or completeness. »). Ses chiffres se lisent comme des ordres de grandeur, pas au dixième de point.
  • Trois exclusions qui comptent. L'usage par API, les applications de bureau et l'IA intégrée aux autres applications n'apparaissent nulle part. Un développeur qui interroge un modèle depuis son éditeur de code, un salarié qui utilise l'assistant de sa suite bureautique ou un agent automatisé échappent à ces courbes.
  • L'application Google n'est pas couverte. SparkToro précise que le panel ne suit pas l'application mobile Google Search, celle où les fonctions sans clic sont les plus présentes.
  • Des périmètres différents d'un graphique à l'autre. Les volumes sont mondiaux, les citations et la publicité portent sur les États-Unis et le desktop, l'âge des utilisateurs sur les États-Unis. Comparer deux chiffres du rapport sans vérifier leur périmètre mène à des erreurs.
  • Un éditeur qui vend la mesure. Similarweb commercialise des outils de suivi de visibilité dans l'IA, et le document propose trois fois de réserver une démonstration. Cela n'invalide pas les chiffres, mais oriente ce qui est mis en avant.
  • Aucune lecture pour la France. Les AI Overviews ne sont arrivés en France que le 22 juillet 2026. Aucun chiffre de citation ou de publicité de ce rapport ne se transpose tel quel au marché français.
  • Meta AI n'est pas mesuré par Similarweb. Ses 1,2 milliard d'utilisateurs viennent des déclarations de Meta et comptent une IA intégrée à des applications ouvertes pour autre chose.

Sources

Études complémentaires sur le site :