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Fiche étudeSimilarwebRapport annuel 2026

Similarweb 2026 : le rapport annuel sur l'IA générative, chiffre par chiffre

« 2026 Generative AI Landscape: The Evolution of AI Search », 38 pages, juillet 2026 Auteurs : Laurie Naspe et Sam Sheridan (Market Insights, Similarweb) Données : juin 2024 à juin 2026 selon les graphiques Lecture : ~18 min Analyse : Josselin Leydier
  • Les plateformes d'IA générative cumulent 9,5 milliards de visites mensuelles en moyenne sur juin 2025 - mai 2026 (contre 5,6 Md l'année précédente, +70 %), pour 655 millions de visiteurs uniques (contre 418 M, +57 %) et 4,4 milliards de téléchargements d'application (+58 %).
  • Comparaison de catégories la plus parlante du rapport : sur la même période, la recherche progresse de +2 % (3,2 à 3,3 Md de visiteurs uniques), le social de +7 %, l'e-commerce de +7 %, l'IA de +57 %. Une seule catégorie recule : les médias et éditeurs, à −5 % (1,5 à 1,4 Md).
  • Le monopole ChatGPT est terminé. Sa part des visites web des chatbots passe d'environ 76 % (juin 2025) à environ 53 % (mai 2026). Côté applications américaines, Claude gagne 349 % d'utilisateurs actifs et Meta AI 435 %, pendant que Microsoft 365 Copilot perd 31 % et DeepSeek 23 %.
  • Le taux de réponses ChatGPT contenant une citation atteint 6,8 % en mai 2026 (US, desktop), multiplié par plus de cinq en moins d'un an. Écart sectoriel de 1 à 5 : 22,6 % dans le voyage, 4,8 % dans l'éducation.
  • La donnée la plus actionnable : 65 % des URL citées sont à deux ou trois niveaux de profondeur, mais 58,8 % du trafic référent atterrit sur la page d'accueil. Le rapport attribue la bascule à la mise à jour ChatGPT du 7 mai 2026.
  • La publicité passe de 14 % à 26 % des conversations ChatGPT entre mai et juin 2026 (US, desktop), avec 66,3 % des annonces servies après le deuxième prompt et un taux de clic de 0,50 %.
  • Ce que le rapport ne mesure pas : le clic sortant de Google. Il compte des visites et des visiteurs par plateforme. La lecture « l'IA ne remplace pas Google » qui a circulé repose sur cette variable, pas sur le trafic renvoyé.

Similarweb publie chaque année un état des lieux du marché de l'IA générative. L'édition 2026, The Evolution of AI Search, fait 38 pages et a été mise en ligne fin juillet 2026. Cette fiche a été écrite à partir du PDF original, pas des résumés qui en ont été tirés : plusieurs chiffres relayés dans la presse spécialisée diffèrent de ceux du document (voir les écarts relevés).

C'est la suite directe de la mesure de juillet 2025 déjà en fiche ici (1,13 Md de visites IA face à 191 Md Google), avec un périmètre beaucoup plus large : usage, démographie, comportement de prompt, citations, référents, publicité.

Ce que le rapport mesure, et ce qu'il exclut

Similarweb n'a accès ni aux logs des sites, ni aux données internes des plateformes IA. L'éditeur exploite un panel clickstream propriétaire, agrégé et modélisé. C'est la même infrastructure que celle utilisée par SparkToro pour son étude zero-click 2026, et Rand Fishkin figure d'ailleurs parmi les experts interrogés dans ce rapport.

Élément Valeur
Éditeur Similarweb (société cotée, vend des outils de suivi de visibilité IA)
Auteurs Laurie Naspe (Director, Market Insights) et Sam Sheridan (Data Analyst)
Type de données Panel clickstream propriétaire, estimations et extrapolations
Périodes Juin 2024 - mai 2026 pour les séries, mars - mai 2026 pour le recouvrement, avril - juin 2026 pour la publicité
Périmètre Mondial pour les volumes, États-Unis (desktop) pour les citations, la publicité et la démographie
Plateformes suivies ChatGPT, Gemini, Claude, Perplexity, Google AI Mode, AI Overviews, Copilot, Grok, DeepSeek, Meta AI, Amazon Alexa
Exclusions annoncées en page 2 Usage par API, applications de bureau, et fonctions IA intégrées dans les applications mobiles et web
Statut de la source. Rapport commercial d'éditeur, téléchargeable contre formulaire, sans relecture par les pairs. Le document porte lui-même son avertissement en page 3 : « All Similarweb data contained in this report are estimations and extrapolations based on source materials obtained from third parties, and are not warranted for accuracy or completeness. » La composition du panel, sa pondération et ses marges d'erreur ne sont pas publiées. C'est néanmoins le corpus d'usage le plus large disponible publiquement, et il fait référence dans le secteur. À traiter comme une mesure de marché solide en ordre de grandeur, pas au dixième de point.
L'exclusion la plus lourde de conséquences. Le rapport ne couvre ni l'usage par API, ni les applications de bureau, ni l'IA intégrée dans d'autres applications. Or c'est précisément là que passe une part croissante de l'usage réel des modèles. Un développeur qui interroge un modèle depuis son éditeur de code, un salarié qui utilise un assistant intégré à sa suite bureautique, une requête d'agent automatisé : rien de tout cela n'apparaît dans les 9,5 milliards de visites. Le chiffre mesure le trafic web des chatbots, pas la taille du marché de l'IA.

Les volumes : trois courbes qui montent ensemble

Le rapport ouvre sur trois métriques mesurées sur deux périodes glissantes de douze mois, ce qui permet de lire la croissance sans effet de saisonnalité.

Plateformes d'IA générative : visites, visiteurs uniques et téléchargements Plateformes d'IA générative, monde, moyennes mensuelles Juin 2024 - mai 2025 Juin 2025 - mai 2026 5,6 Md 9,5 Md Visites mensuelles +70 % 418 M 655 M Visiteurs uniques +57 % 2,8 Md 4,4 Md Téléchargements d'app +58 % Chaque groupe est mis à l'échelle indépendamment : les hauteurs se comparent à l'intérieur d'un groupe, pas entre groupes.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 6. Monde, web et applications.

Ces trois chiffres disent la même chose sous trois angles : plus de monde, qui revient plus souvent, et de plus en plus sur mobile. Le rapport de 14,5 visites par visiteur unique et par mois indique un usage installé, pas une curiosité.

La comparaison que le rapport ne met pas en avant

Page 14, le rapport compare les grandes catégories du web en visiteurs uniques mensuels sur les deux mêmes périodes. C'est le graphique le plus important du document, et c'est aussi celui qui contredit le plus directement la lecture rassurante qu'on en a tirée.

Visiteurs uniques mensuels par grande catégorie web Visiteurs uniques mensuels moyens par catégorie, monde Juin 2024 - mai 2025 Juin 2025 - mai 2026 0 1 Md 2 Md 3 Md 3,2 → 3,3 Md Recherche +2 % 2,2 → 2,4 Md Social +7 % 2,0 → 2,2 Md E-commerce +7 % 1,5 → 1,4 Md Médias et éditeurs −5 % 0,42 → 0,65 Chatbots IA +57 % Une seule catégorie recule sur l'année : celle qui vivait du trafic de recherche.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 14. Monde, desktop et mobile web.

Sur ce graphique, la recherche gagne 2 % de visiteurs uniques. Elle ne s'effondre pas, ce qui est le fondement de la lecture « l'IA ne remplace pas Google ». Mais la seule catégorie qui perd des visiteurs sur la période est celle des médias et éditeurs, c'est-à-dire précisément celle dont le modèle repose sur le clic renvoyé par la recherche.

Le rapport laisse un intervenant extérieur le formuler. Harry Clarkson-Bennett, ancien du Telegraph, y est cité : « News and publisher sites, on the other hand, need to find new ways to attract and maintain audiences in the era of AI, with a focus on audience engagement, loyalty and less expectation on traditional channels giving back the same results. » Traduction pratique : ne comptez plus sur les canaux traditionnels pour rendre ce qu'ils rendaient.

+2 % / −5 % La recherche gagne des visiteurs pendant que les médias en perdent. Les deux chiffres viennent du même graphique du même rapport. C'est la trace, dans les données de Similarweb, de la redistribution que le titre du rapport ne décrit pas. Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 14

Le recouvrement d'audience avec Google

Page 12, le rapport mesure le recouvrement entre les audiences de chatgpt.com et de google.com sur mars-mai 2026 : 461 des 494 millions d'utilisateurs de ChatGPT utilisent aussi Google, soit 95 %, sur une audience google.com de 3,3 milliards.

Recouvrement d'audience ChatGPT et Google Recouvrement d'audience, monde, mars - mai 2026 Google 3,3 Md ChatGPT 494 M 461 M (95 %) Le chiffre ne bouge pas Septembre 2025 95 % Mars - mai 2026 95 % Huit mois, aucune variation. Un plafond, pas une tendance. Cercles à l'échelle des audiences. Le recouvrement est annoté, sa surface n'est pas à l'échelle.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, pages 2 et 12.
Ce chiffre est un effet de taux de base. Google touche la quasi-totalité des internautes. N'importe quelle population connectée le recoupe à plus de 90 %. Trouver 95 % chez les utilisateurs de ChatGPT est le résultat attendu, quel que soit leur comportement. Le rapport lui-même le confirme sans le dire : la synthèse de la page 2 précise « vs 95 % in Sep 2025 ». Le chiffre n'a pas bougé d'un point en huit mois. Il mesure une coprésence, pas une dynamique. Il deviendrait intéressant s'il chutait.

Le même graphique montre un recouvrement significatif entre ChatGPT (494 M), Gemini (310 M) et Claude (86 M), avec 29 millions d'utilisateurs communs aux trois. Les gens testent plusieurs assistants au lieu de s'attacher à un seul, ce qui est cohérent avec la fragmentation mesurée ailleurs dans le rapport.

La fin du monopole ChatGPT

Sur le web, la part de ChatGPT dans les visites des chatbots recule continûment depuis un an pendant que Gemini et Claude progressent. Le rapport précise que ces parts portent sur les domaines cités uniquement et n'incluent pas l'IA intégrée aux autres propriétés des mêmes groupes.

Parts de visites des chatbots IA, juin 2025 vs mai 2026 Part des visites web des chatbots d'IA générative Juin 2025 Mai 2026 0 % 30 % 60 % 90 % ~76 % ~53 % ChatGPT −23 points < 9 % ~27,5 % Gemini +19 points ~2 % ~9 % Claude +7 points
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 7. Valeurs relevées sur le graphique de série mensuelle, arrondies.

Côté applications mobiles américaines, le classement des croissances est encore plus contrasté, et il fait apparaître deux reculs que les résumés ont ignorés.

Application Utilisateurs actifs mensuels, mai 2026 vs juin 2025 (US)
Meta AI +435 %
Claude +349 %
Grok +117 %
Perplexity +94 %
ChatGPT +87 %
Gemini +31 %
DeepSeek −23 %
Microsoft 365 Copilot −31 %

ChatGPT reste de loin la première application en volume absolu, à environ 50 millions d'utilisateurs actifs mensuels aux États-Unis. Les pourcentages ci-dessus mesurent la vitesse, pas la taille : le +349 % de Claude part d'une base bien plus petite.

Meta AI est un cas à part. Le rapport reprend les chiffres publics de Meta : 384 millions d'utilisateurs actifs mensuels en septembre 2024, 1,0 milliard en octobre 2025, 1,2 milliard en mars 2026. Ces données viennent des déclarations de Meta, pas de la mesure Similarweb, et le document précise qu'elles doivent se lire comme un indicateur d'adoption de l'IA intégrée, pas comme une part de marché comparable. Un utilisateur de Meta AI n'a pas choisi Meta AI : il a ouvert Instagram ou WhatsApp.
Conséquence directe pour une stratégie GEO. La fiche Similarweb 2025 concluait qu'optimiser pour ChatGPT couvrait plus de 80 % du volume et que le reste relevait de la diversification. Cette conclusion n'est plus valable. Avec ChatGPT autour de 53 % et Gemini à 27,5 %, ignorer Gemini revient à renoncer à un quart du marché, et les deux moteurs ne sélectionnent pas leurs sources de la même façon. Voir comment Gemini choisit ses sources.

Le public vieillit, et une contre-tendance apparaît

La part des 18-34 ans dans l'usage des chatbots est passée de 61 % en mai 2024 à 50 % en mai 2026. Le détail par tranche montre un mouvement régulier, tranche par tranche, sur trois relevés annuels.

Usage des chatbots IA par tranche d'âge, États-Unis Répartition de l'usage des chatbots IA par tranche d'âge, États-Unis Mai 2024 Mai 2025 Mai 2026 0 % 10 % 20 % 30 % 28 24 22 18-24 ans −6 pts 33 29 28 25-34 ans −5 pts 16 17 18 35-44 ans +2 pts 12 14 16 45-54 ans +4 pts 12 16 18 55 ans et plus +6 pts Les 18-34 ans pesaient 61 % de l'usage en 2024, ils en pèsent 50 % en 2026.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 16. États-Unis, desktop et mobile web.

Ce basculement compte pour une raison précise : tant que l'IA générative restait un usage de moins de 35 ans, un éditeur pouvait considérer que son audience principale n'était pas concernée. Quand la moitié des utilisateurs a plus de 34 ans, l'argument tombe pour à peu près tous les secteurs, y compris ceux qui s'en croyaient protégés (banque, immobilier, santé).

La contre-tendance que le rapport ose montrer. Page 17, Similarweb documente un rejet naissant de l'IA chez les plus jeunes. Sur le moteur sans IA de DuckDuckGo (noai.duckduckgo.com), les 18-24 ans pèsent 33 % de l'audience contre 16 % de l'ensemble des internautes américains, sur mars-mai 2026. Les premiers adoptants deviennent les premiers sélectifs. C'est un signal faible, sur un service marginal, mais il est cohérent avec la baisse de la part des jeunes dans l'usage des chatbots.

Chaque plateforme se spécialise

Le rapport croise la longueur médiane des prompts et le nombre de prompts par session pour dessiner quatre familles d'usage. Claude et ChatGPT tiennent la conversation longue, Gemini et Copilot servent l'exécution rapide, Perplexity et AI Mode se rangent du côté recherche et réponse courte.

Rôle observé Plateformes Signature
Conversation Claude, ChatGPT Prompts longs, nombreux allers-retours
Recherche Perplexity Position intermédiaire sur les deux axes
Tâches Gemini, Copilot Prompts courts, peu de tours
Réponses rapides Google AI Mode Le plus proche du comportement de recherche

Les audiences diffèrent autant que les usages. Le rapport indexe les affinités de catégories web par rapport aux visiteurs de Google Search (base 100).

Affinités d'audience par plateforme

Probabilité de visiter une catégorie, comparée aux visiteurs de Google Search (Google = 1x)

  • Claude → universités 25x
  • Gemini → design graphique 4,8x
  • Gemini → sécurité informatique 3,1x
  • Claude → programmation 3,0x
  • ChatGPT → restauration et livraison 2,4x
  • ChatGPT → santé 2,3x

Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 20. Monde, desktop, octobre 2024 - septembre 2025. Le rapport résume : ChatGPT attire des consommateurs généralistes, Claude des professionnels et des étudiants, Gemini un public technique.

L'écart de 25 fois sur les sites d'universités pour Claude n'est pas un détail : il signifie qu'un éditeur qui vise l'enseignement supérieur ne joue pas la même partie qu'un éditeur qui vise le grand public, et que le choix du moteur à travailler en priorité dépend du secteur plus que du volume global.

Le rapport note enfin un effet retour sur Google : la longueur moyenne d'une recherche monte régulièrement depuis un an, et la part des requêtes de plus de cinq mots passe de 13,6 % (mai 2025) à 16,1 % (mai 2026) pendant que celle des requêtes d'un seul mot recule de 16,3 % à 15,3 %. Les habitudes de prompt déteignent sur le moteur classique.

Les citations : plus de cinq fois plus, mais toujours rares

La part des réponses ChatGPT contenant au moins un lien externe atteint 6,8 % en mai 2026 (États-Unis, desktop). Le rapport parle d'une multiplication par plus de cinq en moins d'un an. La lecture correcte tient en deux temps : la progression est spectaculaire, le niveau reste très bas. Plus de 93 % des réponses ne renvoient toujours nulle part.

La moyenne masque un écart sectoriel de 1 à 5, et c'est ce détail qui doit fixer les objectifs.

Taux de citation des réponses ChatGPT par secteur Part des réponses ChatGPT contenant une citation, par secteur États-Unis, desktop, mai 2026 Voyage 22,6 % Retail 13,5 % Sport 10,7 % Finance 8,0 % Toutes réponses 6,8 % Technologie 6,6 % Santé 6,3 % Médias et divertissement 6,0 % Éducation 4,8 % La ligne pointillée marque la moyenne à 6,8 %. Un secteur cite quatre fois plus qu'un autre.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 25.

Le rapport en tire une explication cohérente : le modèle va chercher le web quand l'utilisateur compare des produits, prépare un achat ou a besoin d'information fraîche. Le voyage, le retail et le sport cochent les trois cases. L'éducation, non.

Le type de source citée change aussi complètement selon le sujet. En beauté, les sites de e-commerce pèsent 54,7 % des citations. En voyage, ce sont les avis et contenus d'utilisateurs qui dominent, à 54,1 %. En finance, les éditeurs spécialisés prennent la première place. Le rapport en conclut qu'il n'existe pas de stratégie d'optimisation universelle, ce que confirment nos fiches Meltwater et Semrush sur les domaines cités.

Le rappel de Lily Ray dans le rapport. « Every major AI search product relies on RAG, which means live retrieval is dependent on positioning well within search engines. If your organic visibility dips, your AI search visibility will follow. » Elle ajoute avoir vu des marques accélérer leur production de contenu par IA pour gagner en visibilité IA, casser leur SEO au passage, et se retrouver avec une pente plus dure à remonter des deux côtés. C'est l'argument central du rapport entre GEO et SEO.

La page citée n'est pas la page visitée

C'est la donnée la plus originale du rapport, commentée dans le document par Aleyda Solis. Similarweb compare la profondeur d'arborescence des URL citées par ChatGPT et celle des pages qui reçoivent effectivement le trafic référent. Les deux distributions n'ont presque rien en commun.

Profondeur des URL citées contre profondeur des pages qui reçoivent le trafic ChatGPT : où sont les pages citées, où arrive le trafic États-Unis, desktop, mai 2026. Profondeur de dossier dans l'URL. URL CITÉES PAR LE MODÈLE 1,7 % 10,5 % 41,7 % 23,3 % 11,2 % 4,9 % 6,9 % 65 % des citations accueil 1 niveau 2 niveaux 3 niveaux 4 niveaux 5 niveaux 6 et plus PAGES QUI REÇOIVENT LE TRAFIC 58,8 % 14,0 % 13,6 % 6,0 % 3,8 % 3,1 % 0,6 % Le modèle lit vos pages profondes. Vos visiteurs arrivent sur votre accueil.
Source : Similarweb, 2026 Generative AI Landscape, page 30, données commentées par Aleyda Solis (Orainti).

Le rapport situe la bascule : la mise à jour de la recherche ChatGPT du 7 mai 2026. Dans les semaines qui suivent, le volume de référents augmente fortement et la part des visites atterrissant sur une page d'accueil passe d'environ 25 % à près de 60 %. Ce n'est donc pas un changement de comportement des utilisateurs, c'est un changement de produit chez OpenAI.

Aleyda Solis en tire la consigne opérationnelle, citée dans le document : les pages citées et les pages d'entrée servent deux fonctions distinctes et doivent s'évaluer séparément. Renforcer les pages profondes qui alimentent les réponses, et rendre les pages de haut niveau qui reçoivent les clics capables de convertir.

Trois conséquences concrètes pour qui suit son trafic IA :

  • Le suivi par page d'atterrissage sous-estime la profondeur du travail GEO. Voir arriver du trafic IA sur la page d'accueil ne signifie pas que c'est elle qui est citée. Il faut mesurer les citations directement, pas les déduire des logs.
  • La page d'accueil redevient une page d'atterrissage à part entière. Un visiteur qui débarque là après une réponse IA n'a aucun contexte. Si l'accueil ne redit pas ce que fait le site et n'ouvre pas de chemin vers les contenus profonds, la visite est perdue.
  • Tout calcul de ROI par page fondé sur les seuls référents est faussé dans les mêmes proportions, soit près de six visites sur dix.
Une corrélation à ne pas transformer en preuve. Le rapport mesure aussi qu'un utilisateur visite deux à quatre fois plus souvent une marque recommandée par l'IA qu'un concurrent non recommandé (par exemple 14,2 % contre 3,8 % dans un duel du secteur bancaire, US, desktop, juillet-décembre 2025). C'est une association observée sur un panel, pas une mesure causale. Elle est également compatible avec l'hypothèse que le modèle recommande surtout les marques déjà connues, que les gens visitaient déjà. Rand Fishkin, cité dans le rapport, compare d'ailleurs cette mesure aux études de lift des campagnes d'affichage du XXe siècle, qui posaient exactement le même problème d'attribution.

Où va le trafic référent IA

Le rapport chiffre le volume de référents IA par secteur sur juin 2025 - mai 2026, ainsi que sa croissance. Les deux classements ne se ressemblent pas du tout : les gros volumes croissent moins vite, les petits explosent.

Secteur Volume de référents IA (monde, 12 mois) Croissance sur un an
Places de marché (Amazon, Temu) 46,8 M +237,3 %
Médias et actualité 44,5 M +115,6 %
Voyage 44,5 M +115,6 %
Finance 19,1 M +236,5 %
Électronique grand public 17,1 M +215,4 %
Mode 7,1 M +278,2 %
Beauté 2,0 M +312,5 %

Le commentaire du rapport sur les places de marché mérite d'être retenu : « AI favours large, multi-category platforms over smaller, vertical-specific sites. » C'est la même dynamique de concentration que celle observée dans la fiche Incumbent Advantage, mais mesurée cette fois sur du trafic réel.

À mettre en regard du reste du rapport : les médias reçoivent 44,5 millions de référents IA par an, en hausse de 115,6 %, et perdent quand même 5 % de leurs visiteurs uniques sur la même période. Le canal IA croît vite et ne compense pas.

La publicité entre dans les réponses

En un mois, la part des conversations ChatGPT contenant au moins une annonce est passée de 14 % (mai 2026) à 26 % (juin 2026) aux États-Unis sur desktop. Le rythme est le point important : un quasi-doublement en trente jours indique un déploiement en cours, pas un palier. Le rapport documente le même mouvement au Canada, en Australie, au Royaume-Uni et au Japon.

Indicateur publicitaire (ChatGPT, US, desktop) Valeur
Conversations contenant une annonce, mai 2026 14 %
Conversations contenant une annonce, juin 2026 26 %
Annonces servies après le deuxième prompt ou plus tard 66,3 %
Sessions qui se poursuivent après l'apparition d'une annonce 65,3 %
Taux de clic publicitaire 0,50 %

Les deux tiers d'annonces servies après le deuxième prompt décrivent un format différent du search payant classique : l'annonce n'arrive pas sur l'intention déclarée au départ, elle arrive une fois que le contexte de la conversation s'est construit. Le top 10 des annonceurs de juin 2026 est révélateur du stade de maturité : Resume.io, Monday.com, Framer, Attio, Aikido Security, SAP, Home Depot, VistaPrint. Du logiciel, du service en ligne, très peu de grande consommation.

Un taux de clic de 0,50 % est faible au regard des standards du search payant. Deux lectures cohabitent : le format est jeune et mal calibré, ou bien l'utilisateur d'un assistant conversationnel est structurellement moins enclin à cliquer sur une publicité. Le rapport ne tranche pas, et il est trop tôt pour le faire.

Ce qu'on peut en dire pour une stratégie : les 6,8 % de citations organiques ne se comparent plus à un espace vierge, mais à un espace où un concurrent peut désormais payer pour apparaître. Le billet sur le marché payant du GEO documente la même bascule vue du marché.

Ce que le rapport ne mesure pas : le clic

Le rapport a été relayé sous un angle unique, tiré du recouvrement à 95 % : l'IA ne remplace pas Google, elle s'ajoute par-dessus. Le rapport lui-même écrit d'ailleurs, page 12 : « Generative AI is expanding how people find information, but it has not replaced traditional search. »

La phrase est exacte pour ce qu'elle mesure. Mais personne ne soutient que les internautes désertent Google. La question posée par les éditeurs est différente : est-ce que Google renvoie encore du trafic ? Or Similarweb compte des visites et des visiteurs par plateforme. La visite Google a bien lieu, elle est comptée. Ce qui disparaît, c'est le clic sortant, et il n'entre pas dans cette mesure.

Le point le plus parlant : c'est le même panel Similarweb qui sert à SparkToro pour son étude 2026, laquelle mesure 68,01 % de recherches Google américaines sans aucun clic sur janvier-avril 2026, contre 60,45 % deux ans plus tôt. Et Rand Fishkin est cité comme expert dans ce rapport. Ce n'est pas une querelle entre deux camps, c'est une différence de variable.

Étude Ce qui est mesuré Résultat
Similarweb 2026 (cette fiche) Visites et visiteurs uniques par plateforme Google garde son audience, l'IA s'ajoute
SparkToro 2026 (même panel) Part des recherches qui se terminent sans clic 68,01 % de zero-click US, contre 60,45 % en 2024
Ahrefs (févr. 2026, 300 000 mots-clés) CTR en Search Console avec et sans AI Overview −58 % de CTR sur la page la mieux classée
Agarwal & Sen (2026) Expérience randomisée, mesure causale −38 % de clics, 72 % de zero-click avec AIO
Pew Research (juil. 2025) Navigation réelle de 900 adultes US, 68 879 recherches 8 % de clics avec AIO contre 15 % sans, soit −47 % en relatif

Les deux constats tiennent ensemble sans se contredire : Google garde ses utilisateurs, et leur envoie de moins en moins de clics. Le rapport en porte même la trace, avec ses médias à −5 % pendant que la recherche gagne 2 %. Le développement complet de ce point est dans le billet visites ou clics.

Les écarts entre le PDF et ce qui en a été relayé

Cette fiche a été écrite à partir du document original. Plusieurs chiffres qui circulent depuis sa sortie ne s'y trouvent pas sous cette forme. Ils viennent du blog de l'éditeur ou de reprises, et il vaut mieux les citer correctement.

Ce qui circule Ce que dit le PDF
« 6,8 % des réponses », « environ 1 % un an plus tôt » 6,8 % des réponses contenant une citation, US desktop, mai 2026, « multiplié par plus de cinq » en moins d'un an. Le point de départ chiffré n'est pas donné dans le document.
« Automobile ~20 %, services professionnels < 4 % » Ces deux secteurs ne figurent pas dans le graphique du rapport. Les valeurs publiées sont voyage 22,6 %, retail 13,5 %, sport 10,7 %, finance 8,0 %, technologie 6,6 %, santé 6,3 %, médias 6,0 %, éducation 4,8 %.
« 33 % des impressions dès la 1re réponse, 20 % après 10 messages » 66,3 % des annonces apparaissent après le deuxième prompt ou plus tard. Le rapport ne publie pas de découpage par rang de message.
« 26-29 % puis 62-63 % de référents sur la page d'accueil » « from around 25% to nearly 60% », après la mise à jour ChatGPT du 7 mai 2026.
« Une mention IA multiplie par 2,5 la probabilité de visite » « two to four times as many subsequent visits », selon les duels de marques mesurés.
« 3,3 milliards de visiteurs pour la recherche » Deux chiffres distincts qui coïncident : l'audience de google.com sur mars-mai 2026, et la catégorie « Search » à 3,3 Md de visiteurs uniques sur juin 2025-mai 2026.

Limites de l'étude

  • Panel non documenté publiquement. Composition, pondération et marges d'erreur ne sont pas publiées. Le rapport se présente lui-même comme un ensemble d'estimations et d'extrapolations non garanties.
  • Trois exclusions majeures. Usage par API, applications de bureau et IA intégrée dans les autres applications. Une part croissante de l'usage réel n'apparaît nulle part dans ces courbes.
  • Couverture applicative faible. SparkToro signale que ce panel ne couvre pas l'application mobile Google Search, précisément là où les fonctionnalités sans clic sont les plus agressives.
  • Périmètres hétérogènes. Les volumes sont mondiaux, les citations et la publicité sont américaines et desktop uniquement, la démographie est américaine, les affinités d'audience portent sur octobre 2024 - septembre 2025. Comparer deux chiffres du rapport sans vérifier leur périmètre conduit à des erreurs.
  • Conflit d'intérêts. Similarweb commercialise des outils de suivi de visibilité IA, et le document contient trois appels à réserver une démonstration. Le biais n'est pas dans les chiffres, il est dans la sélection de ce qui est mis en avant, et dans le titre choisi.
  • Aucune lecture France. Les AI Overviews n'ont été déployés en France que le 22 juillet 2026. Aucun chiffre de couverture, de citation ou de CTR de ce rapport ne se transpose au marché français.
  • Meta AI n'est pas mesuré par Similarweb. Les 1,2 milliard d'utilisateurs viennent des déclarations publiques de Meta et comptent une IA intégrée à des applications ouvertes pour autre chose.

Ce qu'on peut en tirer

  1. Arrêter de raisonner « GEO égale ChatGPT ». À 53 % de part contre 27,5 % pour Gemini, une stratégie mono-moteur laisse un quart du marché de côté, et les deux ne sélectionnent pas leurs sources de la même façon.
  2. Caler l'objectif sur le taux de citation de son secteur. Viser du trafic référent IA dans l'éducation, à 4,8 % de réponses citées, est un mauvais objectif. Dans le voyage, à 22,6 %, l'arbitrage s'inverse complètement.
  3. Séparer les deux mesures. Suivre les citations sur les pages profondes, suivre la conversion sur les pages d'entrée. Ce sont deux chantiers distincts avec deux indicateurs distincts, comme le dit Aleyda Solis dans le rapport.
  4. Traiter la page d'accueil comme une page d'atterrissage IA. Avec 58,8 % du référent qui y atterrit, elle doit redire ce que fait le site et ouvrir un chemin vers les contenus profonds.
  5. Ne pas relâcher le SEO. Le rapport le dit par la voix de Lily Ray : les moteurs IA reposent sur du RAG, donc sur la récupération depuis un index de recherche. Une visibilité organique qui baisse entraîne la visibilité IA avec elle.
  6. Ne pas confondre audience et trafic. Ce rapport dit que Google garde ses utilisateurs. Il ne dit rien de ce que Google renvoie. Pour cette question, utiliser SparkToro, Ahrefs, le field experiment et vos propres données Search Console.

Sources

Études complémentaires sur le site :

L'auteur de cette page

Josselin Leydier

Éditeur de sites et consultant SEO, spécialisé en GEO. Drôme, France.

Josselin Leydier a mis en ligne son premier site en 2006 et en édite aujourd'hui environ 200, qui lui servent de terrain de test en conditions réelles. Il est consultant SEO senior chez Semjuice. Il tient LLM-GEO.fr, une bibliothèque d'études sur le GEO où chaque chiffre est vérifié dans sa source primaire avant d'être relayé, et où les limites de chaque étude sont documentées.

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