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Fiche étudeSparkToroMise à jour 2026

Étude SparkToro 2026 : méthodologie, panel et résultats détaillés

Édition 2026 publiée le 9 juin 2026 (données jan.-avr. 2026) Auteur : Rand Fishkin (SparkToro) Lecture : ~12 min Analyse : Josselin Leydier
Vous cherchez la notion plutôt que l'étude ? Cette page est la fiche méthodologique d'une étude précise : son panel, ses périodes, ses limites, et les chiffres qu'on lui attribue à tort. Pour le phénomène lui-même, sa série longue et la comparaison de toutes les mesures publiées, allez sur la page de référence sur le zero-click.
  • Mise à jour 2026 : sur janvier-avril 2026, 68,01 % des recherches Google US se terminent sans clic, contre 60,45 % en 2024 (+7,56 points en deux ans). Moins d'un tiers des recherches envoient encore un clic.
  • Baseline 2024, panel clickstream Datos (filiale Semrush) sur des dizaines de millions d'utilisateurs US et UE, période septembre 2022 - mai 2024.
  • Sur 1 000 recherches Google US, seulement 360 clics vont vers une propriété ni Google ni payante (le « web ouvert »). Côté UE, le chiffre est de 374 clics.
  • Le taux zero-click est de 58,5 % aux US et 59,7 % en UE. Près de 30 % des clics restants vont vers d'autres propriétés Google. Environ 1 % sont des clics payants.
  • Plusieurs chiffres souvent attribués à cette étude (93 % zero-click AI Mode, 83 % AIO, −61 % CTR) n'y figurent pas. Ils proviennent de rapports SparkToro/Datos plus récents ou d'autres sources.

Mise à jour 2026 : le zero-click passe à 68 % aux US

Rand Fishkin a publié le 9 juin 2026 la nouvelle édition de son étude zero-click, cette fois à partir du panel clickstream Similarweb, sur les données de janvier à avril 2026 (marché US). Le résultat prolonge nettement la tendance mesurée deux ans plus tôt.

68,01 % Part des recherches Google US qui se terminent sans aucun clic, sur la période janvier-avril 2026. Il reste donc moins d'un tiers des recherches qui envoient un clic, toutes destinations confondues. Source : SparkToro | In 2026, Less Than One Third of Google Searches Still Send a Click (9 juin 2026)
Édition SparkToro Période des données Zero-click Google US
Édition 2024 Sept. 2022 - mai 2024 60,45 % (recalculé dans l'édition 2026)
Édition 2026 Janv. - avr. 2026 68,01 %
Évolution +7,56 points en deux ans, soit +12,5 %

Autre donnée de l'édition 2026 : les clics vers n'importe quelle destination (le « Clicks 1X+ ») ont reculé de 9,51 points, soit une baisse relative de 22,9 %. Côté IA, Fishkin note que les AI Overviews apparaissent désormais sur plus de 20 % des recherches et réduisent le CTR de près de 60 %, tandis que l'AI Mode reste marginal (0,34 % des recherches sur janvier-avril 2026). Les données pour le Royaume-Uni, l'Italie, l'Allemagne, la France et le Canada sont annoncées séparément, non détaillées dans cette édition.

Une réserve sur la baseline. L'édition 2026 retient 60,45 % comme point de départ 2024, un chiffre légèrement différent des 58,5 % de l'étude 2024 détaillée plus bas. L'écart tient au partenaire de données (Similarweb en 2026 vs Datos en 2024), à la période exacte et à la définition retenue du « zero-click ». On garde les deux, en les datant, plutôt que d'en masquer un. La direction, elle, ne fait aucun doute : le zero-click s'aggrave.

La suite de cette fiche détaille l'édition 2024, qui reste la référence pour comprendre la structure fine du zero-click (part du web ouvert, propriétés Google, clics payants) juste avant le déploiement massif des AI Overviews.

L'édition 2024 : la structure du zero-click avant les AIO

L'étude zero-click de Rand Fishkin (SparkToro) en partenariat avec Datos est une des références régulièrement citées pour cadrer ce qui se passe vraiment sur Google. Publiée le 1er juillet 2024, elle s'appuie sur des données de panel clickstream qui mesurent les clics réels d'utilisateurs réels, pas seulement les déclarations dans des sondages. C'est, méthodologiquement, l'une des sources les plus solides du sujet zero-click.

Le contexte de l'étude

Cette étude est la mise à jour 2024 d'un travail récurrent que SparkToro publie tous les un à deux ans depuis 2018. Le but : chiffrer ce qu'il advient des recherches Google. Combien aboutissent à un clic vers un site web ouvert ? Combien restent dans l'écosystème Google ? Combien finissent sans aucun clic ?

Le partenaire Datos (filiale Semrush) collecte les données via un panel d'utilisateurs réels qui acceptent de partager leur historique de navigation, anonymisé. C'est ce qu'on appelle un panel clickstream. Le panel inclut Chrome, Firefox, Safari, Edge sur desktop et mobile. La couverture iOS reste plus limitée que la couverture Android (limitation classique de ce type de mesure).

Statut de la source. Article de blog d'éditeur SaaS (SparkToro vend des outils d'audience research, Datos appartient à Semrush). Pas une étude académique peer-reviewed, mais une méthodologie publique, un panel établi du secteur, et un auteur (Rand Fishkin) reconnu dans la communauté SEO depuis 15 ans. À traiter comme une mesure de référence du marché, en gardant l'esprit critique sur les biais de panel.

La méthodologie en détail

Élément Valeur
Partenaire de mesure Datos (filiale Semrush)
Type de données Panel clickstream (vraies sessions, anonymisées)
Échantillon « Tens of millions of panelists » US et UE
Période d'observation Septembre 2022 - mai 2024
Couverture appareils Desktop + mobile (iOS sous-représenté)

L'étude couvre principalement la période avant le déploiement public massif des AI Overviews de Google (mai 2024). Les chiffres présentés ici donnent donc l'état du zero-click avant que les AIO ne se généralisent. C'est utile à savoir parce qu'on lit souvent des résumés qui mélangent les chiffres SparkToro 2024 avec des chiffres AIO plus récents qui ne sont pas dans cette étude.

Les résultats principaux

Le chiffre central : 360 clics aux US

360 Sur 1 000 recherches Google aux États-Unis, seulement 360 clics aboutissent sur une propriété qui n'est ni Google ni un annonceur payant. Les 640 autres recherches restent dans l'écosystème Google ou ne génèrent aucun clic. Source : SparkToro / Datos | 2024 Zero-Click Search Study (1er juillet 2024)

Verbatim : « for every 1,000 searches on Google in the United States, 360 clicks make it to a non-Google-owned, non-Google-ad-paying property ». Sur le marché US, la part du gâteau qui revient au web ouvert (sites des éditeurs, marques tierces, médias indépendants) est de 36 % du total des recherches.

Une confusion fréquente à dissiper. Le titre de l'article SparkToro inverse les chiffres US/UE par rapport au texte : le titre dit « 374 US et 360 UE », le corps de l'article dit le contraire. La donnée correcte est US = 360, UE = 374. Beaucoup de résumés en ligne reprennent l'erreur du titre. À vérifier en lisant directement le corps du texte SparkToro.

Le côté UE : un peu moins pire

Verbatim : « In the EU, for every 1,000 Google searches, 374 clicks go to the open web ». Sur le marché européen, la part qui revient au web ouvert est légèrement plus haute (37,4 % vs 36 % US). L'écart est faible mais existant. SparkToro l'attribue probablement, sans le démontrer, à l'effet du Digital Markets Act qui contraint Google à renvoyer un peu plus de trafic en dehors de ses propres propriétés.

La répartition complète

Destination de 1 000 recherches Google

Répartition mesurée US vs UE, SparkToro / Datos 2024

  • Zero-click US 58,5 %
  • Zero-click UE 59,7 %
  • Web ouvert US 36,0 %
  • Web ouvert UE 37,4 %
  • Clics payants US (~1 %) ~1 %

Source : SparkToro / Datos, 2024 Zero-Click Search Study, juillet 2024. Le total dépasse 100 % car certains clics se cumulent (Google + web ouvert dans la même session).

Destination des recherches Google États-Unis Union européenne
Aucun clic (zero-click) 58,5 % 59,7 %
Clics vers d'autres propriétés Google ~ 30 % Légèrement moins (effet DMA)
Clics payants (Google Ads) ~ 1 % Plus élevé sur mobile UE (50 % de plus qu'US)
Clics vers le web ouvert 36,0 % 37,4 %

Près de six recherches Google sur dix se terminent sans aucun clic. C'est cette donnée, plus que le « 360 sur 1 000 », qui définit le mieux le paysage Google avant l'arrivée des AI Overviews. Et c'est avant le déploiement massif des AIO. La situation après leur déploiement est encore plus extrême (cf. plus bas).

Ce que cette étude ne dit pas

Plusieurs chiffres sont régulièrement attribués à cette étude SparkToro 2024 mais ne s'y trouvent pas. Si vous les rencontrez dans un résumé ou un argumentaire, ils ne viennent pas de cette source.

  • « 93 % des recherches en AI Mode finissent sans clic ». Pas dans cette étude. Le chiffre existe (cf. Superlines, qui le source à Semrush septembre 2025), mais l'étude SparkToro de juillet 2024 ne l'évoque pas.
  • « 83 % zero-click moyen sur les requêtes avec AIO ». Pas dans cette étude. SparkToro 2024 mentionne le déploiement des AIO sans donner de chiffre spécifique de zero-click sur les requêtes AIO.
  • « CTR organique −61 % sur requêtes avec AIO (1,76 % → 0,61 %) ». Pas dans cette étude. Le rapport SparkToro / Datos Q4 2025 (étude différente, plus récente) parle d'une baisse de l'ordre de −9 à −15 % du CTR organique sur requêtes avec AIO, pas de −61 %.

Pour les chiffres post-AIO, les meilleures sources à utiliser sont :

Ce qu'on peut en tirer concrètement

  1. Le zero-click était déjà majoritaire avant les AIO. 58,5 % aux US, 59,7 % en UE : la moitié des recherches Google se terminaient sans clic vers le web ouvert avant même le déploiement des AI Overviews. Les AIO accélèrent une dynamique structurelle, ils ne la créent pas.
  2. Le « web ouvert » capte 36-37 % du trafic. Pour les éditeurs et marques qui dépendent du trafic organique direct, ce chiffre est l'horizon réel à intégrer dans tout calcul de ROI. Optimiser à fond pour gagner 5 % de plus dans une part de gâteau qui ne représente qu'un tiers du total est un arbitrage à conscientiser.
  3. L'effet DMA est mesurable. L'écart UE/US (37,4 % vs 36,0 %) est faible mais directionnellement cohérent avec ce que vise la régulation européenne. Pour les marques européennes, c'est un environnement légèrement moins défavorable que pour leurs équivalents américains.
  4. Vérifier la source des chiffres post-AIO. Beaucoup de résumés en ligne attribuent à SparkToro des chiffres qui n'y sont pas. Aller à la source SparkToro 2024 + croiser avec Ahrefs, Seer et le field experiment pour la dimension AIO.

Limites de l'étude

  • Couverture iOS faible. Le panel Datos sous-représente les utilisateurs iPhone et iPad, qui ont des comportements de recherche potentiellement différents (Spotlight, Safari, écosystème Apple).
  • Données mobile à partir de janvier 2024 seulement. Avant cette date, le panel mobile était plus limité, ce qui peut biaiser les comparaisons temporelles.
  • Bloqueurs de pubs. Les utilisateurs avec ad blockers comptent dans le panel. Cela conduit probablement à une légère sous-estimation des clics payants et une légère surestimation des clics organiques relatifs.
  • Période antérieure au déploiement AIO. Septembre 2022 à mai 2024 : l'étude couvre la période juste avant le déploiement public des AIO. Les chiffres ne reflètent pas la situation post-AIO de 2025-2026, qui est plus extrême.
  • Conflit d'intérêts éditorial. SparkToro vend un outil d'audience research dont le pitch repose en partie sur l'argument « Google capte trop de la valeur ». Ne pas faire de procès d'intention, mais garder en tête que la sélection des chiffres mis en avant peut être orientée.
  • Définition du « web ouvert » restrictive. L'étude exclut toutes les propriétés Google et tous les clics payants du « web ouvert ». Une définition plus inclusive (par exemple incluant YouTube ou Google Shopping comme web) donnerait des chiffres très différents. Le cadrage retenu sert l'angle SparkToro de l'étude.

Sources

Études complémentaires sur le site :

L'auteur de cette page

Josselin Leydier

Éditeur de sites et consultant SEO, spécialisé en GEO. Drôme, France.

Josselin Leydier a mis en ligne son premier site en 2006 et en édite aujourd'hui environ 200, qui lui servent de terrain de test en conditions réelles. Il est consultant SEO senior chez Semjuice. Il tient LLM-GEO.fr, une bibliothèque d'études sur le GEO où chaque chiffre est vérifié dans sa source primaire avant d'être relayé, et où les limites de chaque étude sont documentées.

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