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Fiche étudePrevisibleRapport 2026

Previsible 2026 : ChatGPT capte 92,4 % du trafic IA, Copilot s'effondre, Perplexity décroche

Rapport publié le 6 juillet 2026 Auteur : David Bell (co-fondateur Previsible) Lecture : ~12 min Analyse : Josselin Leydier
  • Rapport basé sur 6,77 millions de sessions IA réelles, 166 propriétés GA4, sur 19 mois (novembre 2024 - mai 2026). Deuxième édition, après le rapport de décembre 2025.
  • ChatGPT capte désormais 92,4 % des référencements IA, en hausse par rapport aux 84,2 % de l'édition précédente. La domination se renforce, elle ne s'érode pas.
  • Renversement complet en un semestre : Copilot, le moteur qui montait le plus vite fin 2025, s'effondre de 96 % depuis son pic d'août 2025. Perplexity décroche de 61 % depuis mars 2025.
  • Claude a dépassé Perplexity en mars 2026 (croissance ×64 depuis fin 2024). Les sessions IA mensuelles ont été multipliées par 9,9 (65 249 en nov. 2024 à 644 478 en mai 2026).
  • L'idée la plus actionnable reste la même : la mention IA filtre le search en amont. Les marques absentes des résumés IA sont éliminées avant que la recherche traditionnelle ne commence.

Le rapport 2026 State of AI Discovery Report, publié par Previsible le 6 juillet 2026, est la deuxième édition d'un des regards les plus volumineux sur le comportement réel des utilisateurs dans les LLMs. Cette édition élargit l'échantillon à 6,77 millions de sessions réparties sur 166 propriétés GA4, sur 19 mois (novembre 2024 à mai 2026). L'intérêt de cette nouvelle version n'est pas seulement le volume : c'est la trajectoire. En six mois, la hiérarchie des moteurs IA s'est reconfigurée de façon spectaculaire, et certaines conclusions de l'édition 2025 se sont déjà inversées.

Qui est Previsible

Previsible est un cabinet de conseil SEO et AI Search basé aux États-Unis, dont les clients incluent Zillow, Sage, Yelp, Coursera et Atlassian. L'étude est signée par David Bell, co-fondateur de l'entreprise. Previsible commercialise un service d'AI SEO Benchmarking qui repose précisément sur le type de mesures publiées dans cette étude.

Statut de la source. Étude de cabinet de conseil (consultancy), pas peer-reviewed. Ce n'est pas un éditeur SaaS au sens strict comme Semrush ou BrightEdge, mais une agence qui vend du conseil. L'intérêt commercial est moins direct (pas un produit logiciel) mais existe. Géographie non précisée dans l'étude. Méthodologie publique sur les volumes mais sans intervalles de confiance ni tests de significativité.

La méthodologie en chiffres

Élément Valeur
Sessions IA analysées 6 770 000 (≈ 6,77 M)
Propriétés GA4 166
Période d'observation Novembre 2024 - mai 2026 (19 mois)
Sessions mensuelles (nov. 2024 → mai 2026) 65 249644 478 (×9,9)
Géographie Non précisée publiquement
Publication 6 juillet 2026 (2e édition)

L'échantillon est solide en volume et a plus que triplé depuis la première édition (de 1,96 M à 6,77 M de sessions). L'observation porte désormais sur 166 propriétés GA4. En revanche, l'absence de mention géographique reste une limite : si les données sont US uniquement, les ratios sur le marché francophone peuvent différer.

Le trafic IA reste minoritaire en volume, mais explose

0,13 % Part du trafic IA dans le trafic global, mesurée dans l'édition 2025 du rapport (≈ 1 session sur 769). Le rapport 2026 ne republie pas ce ratio global, mais confirme la dynamique : les sessions IA mensuelles sont passées de 65 249 (nov. 2024) à 644 478 (mai 2026), soit un facteur 9,9. Source : Previsible | 2026 State of AI Discovery Report (6 juillet 2026)

Cette donnée est importante pour calibrer les attentes. Les annonces sur l'explosion du GEO peuvent laisser croire que le trafic IA représente déjà des parts massives, mais sur des sessions réelles fin 2025, on est à environ 0,1 % du trafic total. Ce qui ne veut pas dire que le sujet est secondaire : ce qui compte, c'est la dynamique (très forte) et la qualité du trafic (supérieure, cf. Conductor mesure 2× la conversion).

La croissance par moteur sur 12 mois

L'élément le plus frappant du rapport 2026 est le renversement de hiérarchie entre moteurs. Sur 19 mois (novembre 2024 - mai 2026) :

Moteur IA Évolution (rapport 2026) Lecture
ChatGPT 92,4 % du trafic IA Domination renforcée : 84,2 % dans l'édition 2025, 92,4 % désormais
Claude (Anthropic) ×64 depuis fin 2024 A dépassé Perplexity en mars 2026, porté par les usages agentiques et pro
Gemini (Google) ×3,2 Croissance réelle mais reste loin derrière ChatGPT sur le référent
Perplexity -61 % Décroche depuis son pic de 17 507 sessions mensuelles (mars 2025)
Copilot (Microsoft) -96 % S'effondre depuis son pic d'août 2025 : 8 651 sessions/mois, 339 en mai 2026

ChatGPT capte désormais 92,4 % des référencements IA dans cet échantillon, contre 84,2 % dans l'édition précédente. La domination ne s'érode pas, elle se renforce. Ce chiffre reste dans la lignée de ce que mesurait Conductor sur un autre périmètre (87,4 %) : toutes les sources convergent sur le fait que ChatGPT écrase le trafic référent IA.

Le vrai enseignement est le renversement en un semestre. Dans l'édition de décembre 2025, Copilot (+2 419 %) et Claude (+1 180 %) étaient les deux moteurs qui montaient le plus vite. Six mois plus tard, Copilot s'est effondré de 96 % et Perplexity de 61 %, tandis que Claude a confirmé sa trajectoire et dépassé Perplexity. C'est exactement le genre de retournement rapide qui rappelle pourquoi il faut dater chaque chiffre en GEO : une hiérarchie établie fin 2025 était déjà fausse à la mi-2026.

La croissance par secteur

L'analyse sectorielle détaillée ci-dessous provient de l'édition 2025 du rapport (le rapport 2026 met l'accent sur les parts de marché et la trajectoire des moteurs). Elle segmente par secteur, avec des écarts énormes :

Secteur Croissance du trafic IA YoY
Juridique ×11,9
Finance ×2,9
Santé ×2,4

Le secteur juridique tire fortement, probablement parce que les requêtes juridiques sont très informationnelles, peu compétitives en SEO traditionnel, et que les LLMs y sont particulièrement utilisés pour des recherches préliminaires. Les secteurs YMYL (santé, finance) suivent avec des croissances moindres mais structurellement importantes.

Les pages que les utilisateurs visitent depuis une session IA

Une donnée actionnable, également issue de l'édition 2025 : la nature des pages qui captent le plus de trafic IA varie radicalement par secteur.

Secteur Type de page captant le plus Part du trafic IA
E-commerce Pages produit 41,1 %
SaaS Pages search/recherche interne 41,9 %

Verbatim Previsible sur la concentration globale par type de page : pages industrie (1,14 %), pages outils (0,95 %), blog (0,91 %), pricing (0,46 %). Les pages produit (e-commerce) et search (SaaS) écrasent le reste.

Implication pour la priorisation éditoriale : en e-commerce, l'optimisation GEO doit cibler en priorité les pages produit. En SaaS, les pages d'aide et de recherche interne. Et pas le blog, qui ne capte qu'une part marginale du trafic IA dans cet échantillon.

L'idée la plus importante : la mention IA filtre tout en amont

Brands that appear in AI summaries get evaluated. Those that don't are filtered out before traditional search ever begins. David Bell, Previsible (29 déc. 2025)

Cette phrase résume probablement l'enjeu central du GEO en 2026. Le mécanisme implicite : avant même de chercher activement sur Google ou ailleurs, l'utilisateur consulte un LLM pour se faire une idée. Les marques mentionnées dans la réponse IA passent dans son filtre de considération. Les marques absentes en sortent.

L'étude cite aussi une donnée frappante de Matthew Prince (CEO Cloudflare) : obtenir un clic depuis OpenAI est 750 fois plus difficile qu'en search classique. L'architecture LLM est conçue pour retenir l'utilisateur dans la conversation, pas pour le diriger vers le web ouvert. Ce qui compte, c'est d'être cité dans la réponse, pas d'obtenir un clic vers son site.

Conséquence stratégique :

  • Le clic sortant n'est plus le KPI principal du GEO. La citation et la mention le sont. Cohérent avec ce que disent Conductor et Seer.
  • Une marque absente des LLMs est invisible pour une part croissante de ses prospects, même quand ces prospects continuent à utiliser Google ensuite (parce que leur ensemble de considération a été pré-filtré).
  • La compétition GEO se joue sur la fréquence d'apparition dans les réponses IA, pas sur le volume de clics qu'elles génèrent.

Ce que l'étude ne dit pas

Plusieurs points souvent attribués à cette étude ne s'y trouvent pas réellement :

  • « Les sessions LLM sont plus longues que les sessions Google ». Cette idée populaire n'est pas mesurée dans le rapport Previsible. La durée des sessions LLM n'est pas comparée à celle des sessions Google.
  • « Conversations multi-tours fréquentes vs requête unique sur Google ». Pas abordé dans l'étude.
  • « Le contenu informationnel long performe mieux que le transactionnel court ». C'est une extrapolation possible des données sectorielles, mais le rapport ne fait pas cette comparaison directement. À ne pas attribuer comme une conclusion explicite.
  • « Le titre de l'étude ». Le bon titre est 2025 State of AI Discovery Report, pas AI SEO Study 2025 qui circule dans certains résumés.

Ce qu'on peut en tirer concrètement

  1. Calibrer les attentes sur le volume. 0,13 % du trafic global vient de l'IA dans cet échantillon. Le GEO n'est pas un canal de volume immédiat. C'est un investissement structurel dont le retour direct sera massif d'ici 2-3 ans, mais qui reste limité en absolu en 2025-2026.
  2. Surveiller Copilot et Claude. Croissances respectives +2 419 % et +1 180 % sur 12 mois. Partant de bases basses, certes, mais la dynamique est telle que ces moteurs pourraient devenir des canaux significatifs en 2026-2027.
  3. Prioriser les pages selon le secteur. Pages produit en e-commerce (41 %), pages search en SaaS (42 %). Pas le blog. Ne pas étaler l'effort GEO uniformément, concentrer sur les types de pages qui captent vraiment.
  4. Mesurer en mentions, pas en clics. 750 fois plus dur d'obtenir un clic depuis OpenAI qu'en search classique. La citation IA est un actif marketing en soi, indépendamment du clic. Un dashboard GEO qui ne mesure que les clics sous-évalue l'effet.
  5. Comprendre l'effet de filtrage. Les marques absentes des résumés IA sortent du processus de considération avant même la phase search. C'est l'enjeu central : être cité, ou être invisible.

Limites de l'étude

  • Cabinet de conseil. Previsible vend du conseil et un service d'AI SEO Benchmarking. Sélection probable des chiffres qui valorisent l'urgence du sujet.
  • Géographie non précisée. Probablement marché US, mais pas explicite. La transposition aux marchés francophone et européens reste à valider.
  • Pas d'intervalles de confiance. Aucune marge d'erreur publiée.
  • 6 secteurs seulement. Les conclusions ne couvrent pas l'ensemble des verticales. Médias, B2B techniques, services aux particuliers ne sont pas représentés.
  • Pas de méthodologie de classification précise. Comment Previsible décide qu'une session est « LLM » plutôt qu'organique classique ? Le rapport ne le détaille pas explicitement.
  • Pas de limites reconnues par les auteurs. L'absence de section « limitations » dans le rapport est en soi un signal de sa nature commerciale plutôt qu'académique.

Sources

Études complémentaires sur le site :

L'auteur de cette page

Josselin Leydier

Éditeur de sites et consultant SEO, spécialisé en GEO. Drôme, France.

Josselin Leydier a mis en ligne son premier site en 2006 et en édite aujourd'hui environ 200, qui lui servent de terrain de test en conditions réelles. Il est consultant SEO senior chez Semjuice. Il tient LLM-GEO.fr, une bibliothèque d'études sur le GEO où chaque chiffre est vérifié dans sa source primaire avant d'être relayé, et où les limites de chaque étude sont documentées.

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