- Étude basée sur 1 963 544 sessions LLM réelles, sur 12 mois (novembre 2024 - novembre 2025), à travers 6 secteurs (SaaS, e-commerce, finance, juridique, santé, édition).
- Le trafic IA reste marginal : 0,13 % du trafic global, soit 1 session sur 769. Mais sa croissance est massive (Copilot +2 419 % sur un an, Claude +1 180 %).
- ChatGPT capte 84,2 % des référencements IA, en croissance de 3,26 fois sur l'année. Cohérent avec les 87,4 % mesurés par Conductor.
- L'idée la plus actionnable : la mention IA filtre désormais le search en amont. Les marques absentes des résumés IA sont éliminées avant que la recherche traditionnelle ne commence.
L'étude 2025 State of AI Discovery Report: What 1.96 Million LLM Sessions Tell Us About The Future Of Search, publiée par Previsible le 29 décembre 2025, offre l'un des regards les plus volumineux sur le comportement réel des utilisateurs dans les LLMs. Près de deux millions de sessions analysées sur douze mois, six secteurs couverts, c'est une masse de données à part dans l'écosystème actuel des publications GEO.
Qui est Previsible
Previsible est un cabinet de conseil SEO et AI Search basé aux États-Unis, dont les clients incluent Zillow, Sage, Yelp, Coursera et Atlassian. L'étude est signée par David Bell, co-fondateur de l'entreprise. Previsible commercialise un service d'AI SEO Benchmarking qui repose précisément sur le type de mesures publiées dans cette étude.
La méthodologie en chiffres
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Sessions LLM analysées | 1 963 544 |
| Période d'observation | Novembre 2024 - novembre 2025 (12 mois) |
| Secteurs couverts | SaaS, e-commerce, finance, juridique, santé, édition |
| Géographie | Non précisée publiquement |
| Publication | 29 décembre 2025 |
L'échantillon est solide en volume. La couverture sectorielle est intéressante (6 verticales, dont des YMYL comme la santé et la finance). En revanche, l'absence de mention géographique est une limite : si les données sont US uniquement, les ratios sur le marché francophone peuvent différer.
Le trafic IA reste à 0,13 % du total
Cette donnée est importante pour calibrer les attentes. Les annonces sur l'explosion du GEO peuvent laisser croire que le trafic IA représente déjà des parts massives, mais sur des sessions réelles fin 2025, on est à environ 0,1 % du trafic total. Ce qui ne veut pas dire que le sujet est secondaire : ce qui compte, c'est la dynamique (très forte) et la qualité du trafic (supérieure, cf. Conductor mesure 2× la conversion).
La croissance par moteur sur 12 mois
L'élément le plus frappant de l'étude est la croissance sectorielle des moteurs IA. Sur 12 mois (novembre 2024 - novembre 2025) :
| Moteur IA | Croissance YoY | Lecture |
|---|---|---|
| Copilot (Microsoft) | +2 419 % | Croissance la plus rapide, partant d'une base très basse |
| Claude (Anthropic) | +1 180 % | Émergence rapide sur le segment pro |
| ChatGPT | +226 % (×3,26) | Triplé en un an malgré une base déjà énorme |
| Gemini | +34 % | Croissance modeste sur le segment référent |
| Perplexity | +15 % | Croissance la plus faible des cinq |
ChatGPT capte 84,2 % des référencements IA dans cet échantillon. Ce chiffre converge avec ce que mesure Conductor sur un autre périmètre (87,4 %). Les deux sources confirment que ChatGPT domine massivement le trafic référent IA. Mais Copilot et Claude grandissent vite, depuis une base basse, et pourraient redessiner la hiérarchie en 2026-2027.
La croissance par secteur
L'étude segmente aussi par secteur, avec des écarts énormes :
| Secteur | Croissance du trafic IA YoY |
|---|---|
| Juridique | ×11,9 |
| Finance | ×2,9 |
| Santé | ×2,4 |
Le secteur juridique tire fortement, probablement parce que les requêtes juridiques sont très informationnelles, peu compétitives en SEO traditionnel, et que les LLMs y sont particulièrement utilisés pour des recherches préliminaires. Les secteurs YMYL (santé, finance) suivent avec des croissances moindres mais structurellement importantes.
Les pages que les utilisateurs visitent depuis une session IA
Une donnée actionnable : la nature des pages qui captent le plus de trafic IA varie radicalement par secteur.
| Secteur | Type de page captant le plus | Part du trafic IA |
|---|---|---|
| E-commerce | Pages produit | 41,1 % |
| SaaS | Pages search/recherche interne | 41,9 % |
Verbatim Previsible sur la concentration globale par type de page : pages industrie (1,14 %), pages outils (0,95 %), blog (0,91 %), pricing (0,46 %). Les pages produit (e-commerce) et search (SaaS) écrasent le reste.
Implication pour la priorisation éditoriale : en e-commerce, l'optimisation GEO doit cibler en priorité les pages produit. En SaaS, les pages d'aide et de recherche interne. Et pas le blog, qui ne capte qu'une part marginale du trafic IA dans cet échantillon.
L'idée la plus importante : la mention IA filtre tout en amont
Cette phrase résume probablement l'enjeu central du GEO en 2026. Le mécanisme implicite : avant même de chercher activement sur Google ou ailleurs, l'utilisateur consulte un LLM pour se faire une idée. Les marques mentionnées dans la réponse IA passent dans son filtre de considération. Les marques absentes en sortent.
L'étude cite aussi une donnée frappante de Matthew Prince (CEO Cloudflare) : obtenir un clic depuis OpenAI est 750 fois plus difficile qu'en search classique. L'architecture LLM est conçue pour retenir l'utilisateur dans la conversation, pas pour le diriger vers le web ouvert. Ce qui compte, c'est d'être cité dans la réponse, pas d'obtenir un clic vers son site.
Conséquence stratégique :
- Le clic sortant n'est plus le KPI principal du GEO. La citation et la mention le sont. Cohérent avec ce que disent Conductor et Seer.
- Une marque absente des LLMs est invisible pour une part croissante de ses prospects, même quand ces prospects continuent à utiliser Google ensuite (parce que leur ensemble de considération a été pré-filtré).
- La compétition GEO se joue sur la fréquence d'apparition dans les réponses IA, pas sur le volume de clics qu'elles génèrent.
Ce que l'étude ne dit pas
Plusieurs points souvent attribués à cette étude ne s'y trouvent pas réellement :
- « Les sessions LLM sont plus longues que les sessions Google ». Cette idée populaire n'est pas mesurée dans le rapport Previsible. La durée des sessions LLM n'est pas comparée à celle des sessions Google.
- « Conversations multi-tours fréquentes vs requête unique sur Google ». Pas abordé dans l'étude.
- « Le contenu informationnel long performe mieux que le transactionnel court ». C'est une extrapolation possible des données sectorielles, mais le rapport ne fait pas cette comparaison directement. À ne pas attribuer comme une conclusion explicite.
- « Le titre de l'étude ». Le bon titre est 2025 State of AI Discovery Report, pas AI SEO Study 2025 qui circule dans certains résumés.
Ce qu'on peut en tirer concrètement
- Calibrer les attentes sur le volume. 0,13 % du trafic global vient de l'IA dans cet échantillon. Le GEO n'est pas un canal de volume immédiat. C'est un investissement structurel dont le retour direct sera massif d'ici 2-3 ans, mais qui reste limité en absolu en 2025-2026.
- Surveiller Copilot et Claude. Croissances respectives +2 419 % et +1 180 % sur 12 mois. Partant de bases basses, certes, mais la dynamique est telle que ces moteurs pourraient devenir des canaux significatifs en 2026-2027.
- Prioriser les pages selon le secteur. Pages produit en e-commerce (41 %), pages search en SaaS (42 %). Pas le blog. Ne pas étaler l'effort GEO uniformément, concentrer sur les types de pages qui captent vraiment.
- Mesurer en mentions, pas en clics. 750 fois plus dur d'obtenir un clic depuis OpenAI qu'en search classique. La citation IA est un actif marketing en soi, indépendamment du clic. Un dashboard GEO qui ne mesure que les clics sous-évalue l'effet.
- Comprendre l'effet de filtrage. Les marques absentes des résumés IA sortent du processus de considération avant même la phase search. C'est l'enjeu central : être cité, ou être invisible.
Limites de l'étude
- Cabinet de conseil. Previsible vend du conseil et un service d'AI SEO Benchmarking. Sélection probable des chiffres qui valorisent l'urgence du sujet.
- Géographie non précisée. Probablement marché US, mais pas explicite. La transposition aux marchés francophone et européens reste à valider.
- Pas d'intervalles de confiance. Aucune marge d'erreur publiée.
- 6 secteurs seulement. Les conclusions ne couvrent pas l'ensemble des verticales. Médias, B2B techniques, services aux particuliers ne sont pas représentés.
- Pas de méthodologie de classification précise. Comment Previsible décide qu'une session est « LLM » plutôt qu'organique classique ? Le rapport ne le détaille pas explicitement.
- Pas de limites reconnues par les auteurs. L'absence de section « limitations » dans le rapport est en soi un signal de sa nature commerciale plutôt qu'académique.
Source
- Conductor 2026. ChatGPT 87,4 % du trafic IA, à mettre en regard du 84,2 % Previsible. Convergence forte.
- Seer Interactive 2026. L'effet citation dans l'AIO, complémentaire de la thèse Previsible sur la mention qui filtre.
- Digital Bloom 2025. Les biais de sources par moteur, utiles pour adapter la stratégie GEO en fonction de la croissance Previsible.
- Yext / Superlines. Audiences ChatGPT 883 M utilisateurs mensuels, qui contextualise les ratios Previsible.
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