- Définition : une recherche zero-click est une recherche qui se termine sans que l'utilisateur clique sur un résultat. Il a obtenu sa réponse dans la page, ou il a reformulé, ou il est parti.
- Sur janvier-avril 2026, marché américain, SparkToro mesure 68,01 % de recherches Google sans aucun clic, contre 60,45 % en 2024 et 45 % en 2016. Sur 1 000 recherches, environ 360 envoient encore quelqu'un vers un site du web ouvert.
- Les AI Overviews accélèrent un mouvement qu'ils n'ont pas créé. Le zero-click était déjà majoritaire avant leur déploiement. Il s'aggrave nettement depuis.
- Les chiffres publiés divergent, de 47 % à 83 % selon les sources, parce qu'ils ne mesurent pas la même chose : toutes les recherches, ou seulement celles avec AI Overview, ou le seul taux de clic de la première position.
- Conséquence pratique : le clic n'est plus le seul objectif. La mention, la notoriété et la recherche de marque différée deviennent des résultats à part entière, et il faut apprendre à les mesurer.
Le terme est ancien, il vient du SEO d'avant les modèles génératifs. Ce qui a changé, c'est l'ampleur du phénomène et le fait qu'il soit devenu la première contrainte économique des éditeurs. Cette page rassemble ce qui est mesuré, par qui, sur quoi, et ce qu'on peut légitimement en tirer.
Ce que le mot recouvre exactement
Une recherche zero-click se termine sans clic sur un résultat. Ça recouvre plusieurs situations très différentes, ce qui explique une bonne part des écarts entre études :
- L'utilisateur a sa réponse dans la page (AI Overview, extrait enrichi, panneau de connaissance, calculatrice, météo).
- Il reformule sa requête et enchaîne sur une nouvelle recherche.
- Il clique sur une propriété du moteur lui-même (Google Images, Maps, YouTube, Shopping), ce qui n'est un clic vers le web ouvert dans aucune des méthodologies sérieuses.
- Il abandonne.
La définition la plus utile pour un éditeur est la plus restrictive : combien de recherches envoient un clic vers un site que le moteur ne possède pas. C'est celle que retient SparkToro, et c'est ce qui donne le chiffre de 360 clics pour 1 000 recherches.
La série longue, dix ans de mesures
Deux enseignements sortent de cette courbe. Le premier : le zero-click était déjà majoritaire en 2024, avant que les AI Overviews ne se généralisent. Ce n'est pas une rupture, c'est une pente ancienne qui s'accentue. Le second : la pente s'est accentuée précisément après le déploiement, avec 7,5 points gagnés en deux ans contre 4 points sur les trois années précédentes.
Pourquoi les chiffres publiés divergent autant
On lit tout et son contraire, de 47 % à 83 %. Ces écarts ne sont pas des contradictions, ce sont des périmètres différents. Le tableau suivant remet chaque chiffre en face de ce qu'il mesure.
| Source | Périmètre mesuré | Méthode | Résultat |
|---|---|---|---|
| SparkToro 2026 | Toutes les recherches Google US | Panel clickstream, janv.-avr. 2026 | 68,01 % sans clic |
| Agarwal & Sen | Uniquement les requêtes avec AI Overview | Expérience randomisée, mesure causale | 72 % sans clic, −38 % de clics |
| Pew Research | Comportement de 900 adultes US | Navigation réelle, 68 879 recherches | 8 % de clics avec AIO contre 15 % sans |
| Ahrefs | CTR de la première position seule | 300 000 mots-clés en Search Console | −58 % de CTR avec AIO |
| Seer Interactive | CTR organique dans le temps | 3 119 mots-clés, 25,1 M d'impressions | De 1,76 % à 0,61 %, puis rebond partiel |
Trois précautions en découlent. Ne jamais citer un taux de zero-click sans son périmètre : « 72 % » sur les requêtes avec AI Overview et « 68 % » sur toutes les recherches décrivent deux réalités qui ne s'additionnent pas. Ne pas confondre un taux de clic et un taux de zero-click : le −58 % d'Ahrefs porte sur la performance d'une position, pas sur la part des recherches. Et ne pas transposer les chiffres américains à la France, où les AI Overviews ne sont déployés que depuis le 22 juillet 2026.
Où va le clic qui disparaît
Le zero-click ne veut pas dire que Google perd des utilisateurs. C'est même l'inverse : BrightEdge mesurait une hausse de 49 % de l'usage de Google un an après le lancement des AI Overviews, et Similarweb mesure encore 2 % de croissance des visiteurs uniques de la recherche sur juin 2025 à mai 2026.
La substitution se produit à l'intérieur de la page de résultats. L'utilisateur vient, obtient sa réponse, repart. Le moteur garde l'audience et la publicité, l'éditeur perd la visite. Le même rapport Similarweb en donne la trace la plus nette : sur la période, la recherche gagne 2 % de visiteurs, le social 7 %, l'e-commerce 7 %, l'IA 57 %, et une seule catégorie recule, celle des médias et éditeurs, à −5 %. Le développement complet est dans le billet visites ou clics.
Ce qu'un éditeur peut en faire
- Changer d'indicateur avant de changer de stratégie. Suivre le nombre de clics par millier d'impressions dans la Search Console, plutôt que le seul volume de clics. C'est ce ratio qui dit si votre situation se dégrade, indépendamment de la saisonnalité.
- Mesurer la mention, pas seulement le clic. Une citation sans lien construit de la notoriété, qui se retrouve dans les recherches de marque. Voir mesurer sa visibilité IA et le guide brand search volume.
- Identifier les requêtes qui résistent. Toutes les intentions ne se valent pas. Les requêtes transactionnelles, les comparaisons fines et les contenus qui demandent un outil ou une donnée à jour continuent de générer des clics. Les définitions et les faits simples n'en génèrent plus.
- Vérifier que les robots de citation passent. Perdre le clic est une chose, être absent des réponses en est une autre. Voir l'accès des crawlers IA.
- Faire un relevé maintenant si vous êtes en France. Les AI Overviews y sont déployés depuis fin juillet 2026. Une photo de la situation avant que la courbe ne bouge vaut plus que n'importe quel benchmark américain.
Ce qu'on ne peut pas conclure
- Que le SEO est mort. Les 32 % de recherches qui envoient encore un clic représentent, en valeur absolue, un volume que rien d'autre n'égale. La question est de savoir sur quelles intentions ils se concentrent.
- Que les AI Overviews sont seuls responsables. La courbe montait déjà, portée par les extraits enrichis, les panneaux de connaissance et l'expansion des propriétés Google dans la page.
- Que la France suivra la même trajectoire. Le déploiement y est plus tardif, l'écosystème éditorial est différent, et le cadre réglementaire européen n'est pas celui des États-Unis. Aucune mesure française sérieuse n'existe encore.
- Qu'un taux de zero-click élevé se traduit mécaniquement par une perte proportionnelle. Il dépend entièrement du profil de requêtes sur lequel un site est présent.
- La fiche SparkToro. La série complète et sa structure fine.
- Le field experiment d'Agarwal et Sen. La seule mesure causale randomisée du sujet.
- Visites ou clics. Pourquoi deux études du même panel disent l'inverse.
- Le cas Minecraft.fr. Le seul cas français entièrement chiffré à ce jour.
- Seer Interactive. Le rebond du CTR pour les marques effectivement citées.
- La définition courte dans le glossaire.
L'auteur de cette page
Éditeur de sites et consultant SEO, spécialisé en GEO. Drôme, France.
Josselin Leydier a mis en ligne son premier site en 2006 et en édite aujourd'hui environ 200, qui lui servent de terrain de test en conditions réelles. Il est consultant SEO senior chez Semjuice. Il tient LLM-GEO.fr, une bibliothèque d'études sur le GEO où chaque chiffre est vérifié dans sa source primaire avant d'être relayé, et où les limites de chaque étude sont documentées.
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