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Fiche étude | Ahrefs (Linehan & Guan) | Août 2025, révisée en mars 2026

Ahrefs revoit son chiffre : le recouvrement entre les AI Overviews et le top 10 Google tombe de 76 % à 38 %

Fiche mise à jour le 29 juillet 2026 Dernière mesure Ahrefs : 2 mars 2026 Périmètre : 863 000 SERP, 4 millions d'URL citées Lecture : ~12 min Analyse : Josselin Leydier
Mise à jour du 29 juillet 2026 : cette fiche portait à l'origine sur le chiffre de 76 % publié par Ahrefs en août 2025. Ahrefs a refait la mesure sur un corpus vingt fois plus large et publié le 2 mars 2026 un résultat très différent : 38 % seulement des citations AI Overviews viennent de pages classées dans le top 10 Google. La page a été réécrite pour présenter les deux mesures et ce qui les sépare. Le chiffre de 76 % reste cité un peu partout dans les articles sur le GEO : il est périmé.
En une phrase : en juillet 2025, Ahrefs mesurait que 76 % des URL citées dans les AI Overviews étaient déjà classées dans le top 10 organique de la même requête. En février 2026, sur 863 000 SERP et 4 millions d'URL citées, ce chiffre tombe à 38 %, le reste se partageant presque à égalité entre les positions 11 à 100 (31,2 %) et les pages hors du top 100 (31,0 %). Ahrefs l'explique par le query fan-out, ce mécanisme par lequel Google éclate la requête de l'utilisateur en sous-requêtes et cite ce qu'il trouve dans ces résultats-là. Le top 10 sur la requête visée n'est donc plus le raccourci qu'il était pour entrer dans un aperçu.

Pendant un an et demi, le chiffre de 76 % a servi d'argument massue à ceux qui expliquaient que le GEO n'existait pas vraiment et qu'un bon SEO suffisait pour les AI Overviews. L'argument était raisonnable tant que le chiffre tenait. Il ne tient plus.

Les deux mesures sont signées des mêmes auteurs, Louise Linehan et Xibeijia Guan, relues par Ryan Law, sur le blog d'Ahrefs. La première a été publiée le 11 août 2025 sur des données de juillet, la seconde le 2 mars 2026. C'est Ahrefs lui-même qui pose la comparaison : « environ 76 % en juillet 2025 » contre « environ 38 % aujourd'hui ».

Overlap AIO / top 10 Google : 76 % en juillet 2025, 38 % en février 2026 Part des URL citées dans les AI Overviews qui sont classées dans le top 10 Google 76 % 38 % Juillet 2025 Février 2026 15 000 requêtes de longue traîne 863 000 SERP, 4 M d'URL
Sources : Ahrefs, 11 août 2025 et Ahrefs, 2 mars 2026 (Linehan & Guan). Les deux mesures reposent sur des corpus et des méthodes de collecte différents.

Ce que donne la mesure de mars 2026

Ahrefs a repris la question sur un corpus bien plus large, 863 000 SERP analysées et 4 millions d'URL citées dans des AI Overviews, soit deux fois plus que dans la première étude, le tout extrait de son outil Brand Radar. Le résultat n'est plus un chiffre unique mais une répartition en trois tiers presque égaux.

Position de la page citée dans le SERP classique Part des citations AIO Lecture
Top 10 37,9 % Un peu plus d'une citation sur trois, en comptant les dix premiers blocs de la page
Positions 11 à 100 31,2 % Des pages classées, mais invisibles en première page
Au-delà de la position 100 31,0 % Des pages que Google ne classe pas du tout sur cette requête

Ce dernier tiers est le plus déroutant. Près d'un tiers des sources d'un AI Overview sont des pages qui n'apparaissent nulle part dans les cent premiers résultats de la requête concernée. Sur ces requêtes-là, un audit de positions ne dira jamais pourquoi un concurrent est cité et pas vous.

Répartition des citations AIO par tranche de position (février 2026) D'où viennent les citations des AI Overviews (863 000 SERP, février 2026) 37,9 % 31,2 % 31,0 % Top 10 Positions 11 à 100 Hors top 100
Source : Ahrefs (Linehan & Guan), 2 mars 2026 | test incluant tous les blocs de la SERP

Ce que change la définition du classement

Ahrefs a mené la mesure de deux façons, et les commentaires n'en retiennent en général que la première.

Tranche de position Test 1 : tous les blocs SERP Test 2 : liens bleus organiques seuls
Top 10 37,9 % 37,1 %
Positions 11 à 100 31,2 % 26,2 %
Au-delà de 100 31,0 % 36,7 %

Le premier test compte comme présence dans la page de résultats n'importe quel bloc, annonces, extraits en vedette, boîtes « autres questions posées », carrousels vidéo et liens organiques. Le second ne retient que les liens bleus classiques. La part venue du top 10 bouge à peine, 37,9 % contre 37,1 %, mais celle des pages hors top 100 grimpe de 31,0 % à 36,7 % dès qu'on retire les blocs enrichis. Une partie non négligeable des sources citées entre donc dans la page de résultats par une autre porte que le classement organique, une vidéo dans un carrousel ou une réponse dans une boîte de questions.

38 % Part des citations AI Overviews issues du top 10 Google en février 2026, contre 76 % en juillet 2025. Les deux autres tiers viennent des positions 11 à 100 et de pages non classées sur la requête. Ahrefs, mars 2026

Le query fan-out explique l'essentiel de la chute

Le mécanisme qu'invoque Ahrefs porte un nom, le query fan-out. Quand une requête déclenche une réponse IA, Google ne regarde pas seulement les résultats de cette requête. Il l'éclate en plusieurs sous-requêtes proches, exécute chacune d'elles, puis compose sa réponse à partir des pages qui reviennent le plus souvent dans ces résultats secondaires.

Ahrefs avance une raison technique à l'accélération du phénomène. Depuis janvier 2026, les AI Overviews reposent sur Gemini 3 là où ils s'appuyaient jusque-là sur des modèles antérieurs, dont les versions 2.5. Le changement de modèle pourrait avoir élargi la génération de sous-requêtes, soit en en produisant davantage, soit en s'éloignant plus de la formulation d'origine, ce qui amène mécaniquement des pages qui ne se classent pas sur la requête initiale. L'hypothèse reste une hypothèse, mais elle colle au calendrier.

Une page peut donc être citée dans l'AI Overview d'une requête sur laquelle elle n'est pas classée, parce qu'elle domine trois des sous-requêtes que Google a générées derrière. Et une page première sur la requête principale peut être ignorée si elle ne répond à aucune des sous-questions. Cela réconcilie deux observations qui semblaient contradictoires : les AIO citent bien des pages « qui méritent » de l'être, mais la requête sur laquelle on mesure son classement n'est pas celle que le moteur a réellement interrogée.

C'est aussi ce qui rend le suivi de position de moins en moins prédictif de la visibilité dans l'IA, sans le rendre inutile pour autant. Le top 10 reste la tranche la mieux représentée à elle seule, elle ne fait simplement plus la majorité.

Ce que le cas YouTube révèle

Le détail par domaine confirme la lecture. Parmi les pages citées qui ne se classent pas dans les cent premiers résultats, 18,2 % sont des URL YouTube : un seul domaine capte près d'un cinquième du tiers le plus invisible. Rapporté à l'ensemble du corpus, YouTube pèse 5,6 % de toutes les citations d'AI Overviews, ce qui en fait aujourd'hui le domaine le plus cité, avec une part en hausse de 34 % en six mois.

Or une vidéo YouTube n'est presque jamais classée dans le top 10 organique d'une question rédigée. Elle est pourtant citée massivement, et c'est l'illustration la plus nette qu'une source peut entrer dans un AI Overview par un chemin sans rapport avec le classement de la page sur la requête d'origine. Une autre étude d'Ahrefs, portant sur 75 000 marques, va dans le même sens en identifiant les mentions sur YouTube, dans les titres, les descriptions et les transcriptions, comme le facteur qui corrèle le plus fortement avec la visibilité dans les AI Overviews.

Ma fiche sur YouTube dans les LLM détaille ce que cela implique du côté de la production vidéo, avec une conclusion cohérente : ce ne sont pas les grosses chaînes qui captent ces citations.

Ce qui sépare les deux protocoles

Avant de conclure que Google a changé de comportement, il faut regarder comment les deux mesures ont été faites. Elles ne portent pas exactement sur la même chose.

Étude d'août 2025 Étude de mars 2026
Corpus 15 000 requêtes de longue traîne 863 000 SERP, 4 millions d'URL citées
Type de requêtes Longue traîne, informationnelles ou semi-informationnelles Tous types confondus, via Brand Radar
Périmètre comparé AIO + quatre assistants IA (ChatGPT, Gemini, Copilot, Perplexity) AI Overviews seuls
Méthode de parsing Première version de l'extraction des citations Extraction révisée, présentée comme plus complète
Overlap AIO / top 10 76 % 37,9 %
Ce n'est pas une comparaison toutes choses égales par ailleurs. Le corpus a changé de nature autant que de taille, puisqu'on passe de 15 000 requêtes de longue traîne sélectionnées à un échantillon de pages de résultats de tous types. Ahrefs signale en outre avoir revu entre-temps sa façon d'extraire les citations, ce qui lui en fait voir davantage. Une partie de la chute de 76 % à 38 % tient donc au protocole et non au moteur. Ahrefs présente néanmoins l'écart comme un changement de comportement de Google, et deux éléments extérieurs vont dans ce sens : la mesure BrightEdge de septembre 2025, qui trouvait déjà seulement 16,7 % de citations issues du top 10 strict, et la montée documentée du query fan-out sur la même période. La direction est solide, l'amplitude exacte est à prendre avec précaution.

Le 12 % des autres assistants n'a pas été refait

L'étude d'août 2025 mesurait aussi le recouvrement entre le top 10 Google et les URL citées par ChatGPT, Gemini, Copilot et Perplexity, soit 12 % en moyenne, environ une citation sur huit. Ahrefs n'a pas réactualisé ce chiffre en mars 2026, la révision ne portant que sur les AI Overviews. Il garde sa valeur d'ordre de grandeur pour août 2025, et rien de plus.

Ce qui a changé, c'est la lecture qu'on en fait. En 2025, le contraste entre 76 % et 12 % décrivait deux écosystèmes séparés, les aperçus de Google d'un côté comme prolongement du classement organique, les assistants conversationnels de l'autre comme univers à part. Avec 38 %, l'écart se resserre nettement et les AI Overviews se rapprochent du fonctionnement des assistants en s'éloignant du classement. Les deux mondes forment désormais un même continuum, sur lequel Google glisse.

Les mesures de recouvrement relues en 2026

Étude Périmètre Overlap mesuré Lecture
Ahrefs (mars 2026) 863 000 SERP, 4 M d'URL, AIO seuls 37,9 % La mesure de référence aujourd'hui
BrightEdge (sept. 2025) 16 mois d'observation AIO, sources industrielles 54,5 % au sens large, 16,7 % en top 10 strict Le 16,7 % annonçait déjà la révision d'Ahrefs
Ahrefs (août 2025) 15 000 requêtes de longue traîne, AIO 76 % Périmé, mais toujours largement recopié
Ahrefs (août 2025), assistants hors AIO 15 000 requêtes de longue traîne, ChatGPT / Gemini / Copilot / Perplexity 12 % Non réactualisé depuis

BrightEdge avait vu juste avant tout le monde. Sa distinction entre un recouvrement large de 54,5 % et un recouvrement strict au top 10 de 16,7 % passait alors pour une divergence de méthode gênante face au 76 % d'Ahrefs. Depuis la révision de mars 2026, les deux séries se rejoignent dans le même ordre de grandeur : la majorité des citations d'un aperçu ne vient pas de la première page.

La conclusion de 2025 n'est plus tenable

La version 2025 de cette fiche concluait que, pour viser les aperçus, le SEO classique restait l'arme principale. Cette conclusion ne tient plus telle quelle, et se reformule en trois temps. Les recommandations publiées par Ahrefs en mars 2026 vont dans le même sens, elles sont reprises ici à leur place.

Le top 10 reste utile sans suffire

Avec 37,9 %, la première page reste la tranche la mieux représentée à elle seule, et y figurer multiplie les chances d'être cité. Mais viser le top 10 sur la requête cible ne couvre plus qu'un peu plus d'un tiers du gisement. Une stratégie qui s'arrête là laisse les deux autres tiers aux concurrents.

Les sous-requêtes sont le vrai terrain de jeu

Puisque Google interroge des reformulations, il faut couvrir les reformulations. Cela veut dire traiter un sujet par ses angles et ses intentions successives plutôt que par une formulation unique optimisée, répondre explicitement aux questions périphériques dans la page, et construire des grappes où chaque page prend en charge une sous-question. C'est ce que recommandaient déjà les grappes thématiques, mais pour une raison aujourd'hui mesurée.

Ahrefs ajoute une méthode simple pour savoir lesquelles couvrir. ChatGPT et Perplexity affichent les reformulations qu'ils exécutent avant de répondre. Les lire donne une idée assez fidèle des sous-requêtes que génère aussi Google, et donc de la matière à produire.

Les sources non classées deviennent un levier à part entière

Un tiers des citations vient de pages hors du top 100, vidéos, plateformes tierces, contenus absents du classement de la requête. Les leviers y sont les mêmes que pour les assistants conversationnels, présence sur les plateformes que les moteurs citent, vidéo, mentions de marque. Mes fiches Semrush sur les domaines cités et Digital Bloom détaillent lesquelles comptent.

Deux réflexes à corriger tout de suite

Le premier est d'arrêter de citer le 76 %. Il circule encore dans quantité d'articles et de présentations commerciales, y compris récents, et la source elle-même l'a corrigé. Sans tomber dans l'excès inverse : 38 % reste la tranche la mieux représentée, et celle sur laquelle on peut agir le plus directement. Le SEO ne devient pas inutile, il cesse d'être le seul levier.

Le second est de mesurer ses citations et plus seulement ses positions. Sur une cinquantaine de requêtes stratégiques, relever qui est cité dans l'aperçu, avec quelle page, et à quelle position cette page est classée. Si les sources citées sortent majoritairement de votre univers de positions, le chantier à ouvrir n'est pas un chantier de classement. C'est aussi le seul moyen de repérer les citations venues des deux tiers non classés, et c'est la dernière recommandation d'Ahrefs.

Nuances et limites

La limite principale a été détaillée plus haut : les deux corpus ne se comparent pas terme à terme, ni par leur nature, ni par la façon dont les citations ont été extraites. S'ajoute le sort du 12 % des assistants, qui n'a pas été réactualisé. Mettre côte à côte le 38 % de 2026 et le 12 % de 2025 revient à comparer deux dates, ce qui donne une tendance et non une mesure.

Les données sont par ailleurs majoritairement américaines. Les AI Overviews n'ont été déployés en France que le 22 juillet 2026, et le corpus d'Ahrefs ne dit rien de ce marché, où le point de départ comme la composition des sources citées resteront différents pendant plusieurs mois.

La mesure ne couvre enfin que les AI Overviews classiques, en haut de la page de résultats. L'AI Mode conversationnel, déployé lui aussi en France en juillet 2026, repose sur un éclatement de requêtes plus agressif encore, et son recouvrement avec le top 10 est probablement plus faible, mais aucune mesure publique ne le chiffre à ce jour.

Reste la nature même du chiffre. Passer de 76 % à 38 % en sept mois montre qu'il suit les évolutions du moteur plutôt qu'une loi stable. Autant le traiter comme un ordre de grandeur du début 2026, et pas comme une constante.

À lire à côté de celle-ci

  • BrightEdge, recouvrement de 54 % : la mesure qui avait déjà isolé les 16,7 % de citations issues du top 10 strict, et que la révision d'Ahrefs vient corroborer.
  • Ahrefs CTR -58 % : l'autre étude Ahrefs, sur l'impact CTR. Complémentaire : même cité dans un AIO, le clic n'est plus garanti.
  • Minddex : YouTube dans les LLM : 97,6 % des citations vidéo vont au contenu tiers et la corrélation vues / citations est quasi nulle. Éclaire le rôle de YouTube dans les 31 % hors top 100.
  • Semrush 100 M citations : détaille les sources que les moteurs citent. Sert à viser les deux tiers qui ne passent pas par le classement.
  • Seer Interactive (mars-avril 2026) : une marque citée dans un AIO obtient environ 2,1 % de taux de clic sur ces requêtes, contre 0,9 % pour une marque absente du bloc. Donne la valeur business d'une citation.
  • Digital Bloom 2025 : les facteurs hors-Google qui prédisent une citation IA (brand search, plateformes d'avis).

Arrêter de citer le 76 %

  • Arrêter de citer le 76 %. Il circule encore dans beaucoup d'articles et de présentations commerciales, y compris récents. Si vous l'utilisez pour justifier un budget ou une orientation, la source l'a corrigé elle-même.
  • Ne pas basculer dans l'excès inverse. 38 %, c'est toujours la tranche la mieux représentée, et de loin la plus actionnable. Le SEO ne devient pas inutile : il cesse d'être le seul levier.
  • Travailler les sous-requêtes. Sur vos sujets prioritaires, lister les reformulations que ChatGPT et Perplexity exécutent, vérifier lesquelles sont couvertes par vos pages, combler les trous. C'est le levier le plus directement issu de cette étude.
  • Mesurer ses citations, plus seulement ses positions. Sur vos 50 requêtes stratégiques, relever qui est cité dans l'AIO et à quelle position ces pages sont classées. Si les sources citées sont majoritairement hors de votre univers de positions, le chantier n'est pas un chantier de ranking.

Sources originales