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Fiche étudeBrightEdgeSeptembre 2025

BrightEdge 2025 : 54 % d'overlap AIO / organique mais seulement 16,7 % depuis le top 10

Publié le 18 septembre 2025 Période analysée : 16 mois (mai 2024 - septembre 2025) Lecture : ~12 min Analyse : Josselin Leydier
  • 16 mois de suivi des AI Overviews sur 9 industries, via le BrightEdge Generative Parser.
  • Le recoupement entre les pages citées par un aperçu IA et celles que Google classe déjà est passé de 32,3 % au lancement à 54,5 % en septembre 2025, et beaucoup en concluent, un peu vite, que les aperçus se rapprochent du classement classique.
  • La section méthodologique du même rapport indique que 16,7 % seulement des citations viennent du top 10, la majorité écrasante venant de pages classées entre la 21e et la 100e place.
  • Forte variabilité par secteur. Santé, éducation, tech B2B et assurance dépassent 68 % de recoupement. E-commerce, voyage et restauration restent autour de 20 %. L'effet AIO n'est pas uniforme.

Depuis le lancement des aperçus IA en mai 2024, toutes les conférences SEO se demandent si Google y cite les mêmes pages que celles qu'il classe déjà. BrightEdge mesure ce recoupement, ce que les Anglo-Saxons appellent l'overlap, et le chiffre qu'on retient partout est son passage de 32,3 % à 54,5 %. Beaucoup y lisent que les aperçus se rapprochent du top 10 organique.

Or 16,7 % seulement de ces citations viennent du top 10, tout le reste provenant de pages classées entre la 21e et la 100e place. Ce second chiffre dort dans la section méthodologique du même rapport et n'est presque jamais repris, alors qu'il renverse la lecture du premier. Viser les dix premières positions ne couvre qu'une petite partie de ce qui alimente un aperçu.

Le contexte de l'étude

Le rapport est publié le 18 septembre 2025 sur le site BrightEdge dans la rubrique Weekly AI Search Insights. Il fait suite à plusieurs publications BrightEdge sur les AI Overviews depuis leur déploiement public en mai 2024, et propose une vue cumulée sur seize mois consécutifs de mesures.

L'auteur du papier n'est pas nommément identifié, ce qui est habituel pour les rapports d'éditeurs SEO. La méthode et les données proviennent de l'outil interne BrightEdge dit Generative Parser, qui suit en continu les citations apparaissant dans les AI Overviews et les met en relation avec les classements organiques que BrightEdge mesure également.

Statut de la source. BrightEdge est un éditeur SEO commercial, pas une institution académique. Le rapport ne donne pas la taille exacte de l'échantillon, ne fournit pas d'intervalles de confiance et ne mentionne pas de limitations méthodologiques. Les chiffres donnent une tendance solide, sans garantie statistique.

Le recoupement passe de 32,3 % à 54,5 %

Le résultat qui fait le titre du rapport est une hausse continue sur seize mois.

L'overlap AIO / classement organique en 16 mois

Évolution mai 2024 → septembre 2025, BrightEdge

  • Lancement (mai 2024) 32,3 %
  • 16 mois plus tard (sept. 2025) 54,5 %
  • Dont citations venant du top 10 16,7 %

Source : BrightEdge, Rank Overlap After 16 Months of AIO, septembre 2025. Sur ces citations, 83 % viennent de pages classées entre la 21e et la 100e place.

54,5 % Part des citations AI Overview qui apparaissent également dans le classement organique Google (toutes positions confondues), mesurée en septembre 2025. Au lancement public des AIO en mai 2024, ce chiffre était de 32,3 %. Source : BrightEdge | Rank Overlap After 16 Months of AIO (sept. 2025)

Verbatim : « 54.5% of AI Overview citations now rank organically (up from 32.3%) ». La progression est de +22,2 points en 16 mois, soit environ +69 % en relatif. La tendance est forte et continue sur toute la période.

On en tire spontanément que les aperçus piochent de plus en plus dans les pages déjà bien classées, que classement organique et citations IA se rejoignent, et donc que le référencement classique suffit largement à faire du GEO.

Cette lecture est partiellement vraie, et le chiffre suivant explique pourquoi seulement partiellement.

Seulement 16,7 % des citations AIO viennent du top 10

Le même rapport, dans la section méthodologique détaillée, précise une chose que les résumés en ligne reprennent rarement.

16,7 % Part des citations AI Overview qui viennent spécifiquement du top 10 organique. Les 83,3 % restants viennent de positions plus lointaines (21 à 100). Source : BrightEdge | Rank Overlap After 16 Months of AIO

Ce chiffre change la lecture du précédent. Quand on lit « 54,5 % de recoupement entre aperçus et organique », on imagine spontanément que la majorité des citations AIO viennent du top 10. En réalité, près de 5 citations AIO sur 6 viennent de pages situées en dehors du top 10. Le SEO classique au sens strict (être dans les 10 premiers) ne couvre qu'une part minoritaire de ce qui se passe dans les AIO.

Les deux chiffres ne comptent pas la même chose, et c'est toute l'explication. Le 54,5 % retient les pages citées qui figurent quelque part dans les cent premiers résultats. Le 16,7 % ne retient que celles qui figurent dans les dix premiers. Une page classée 47e entre dans le premier compte, pas dans le second, et c'est de là que vient l'essentiel de la hausse.

Deux conséquences pour le travail

  • Le top 10 n'est ni nécessaire ni suffisant pour être cité dans un aperçu. Une page classée en position 30 a statistiquement plus de chances d'être citée dans un AIO qu'on ne l'imagine spontanément. Une page top 10 n'est pas non plus garantie d'être citée.
  • Les optimisations GEO non-SEO prennent plus d'importance. Si 83 % des citations viennent de positions au-delà du top 10, alors les facteurs spécifiques GEO (citations éditoriales, marque, structure de contenu, fraîcheur) jouent un rôle majeur dans la sélection de la source par l'AIO, indépendamment du classement seul.

Ce résultat est cohérent avec ce que mesure Digital Bloom 2025 sur le volume de recherches de marque comme premier prédicteur, et avec ce que mesure LLM Research Lab sur la faiblesse relative des backlinks dans la prédiction de citation IA.

La forte variabilité par secteur

L'autre apport important du rapport est la segmentation par industrie. BrightEdge suit 9 industries et mesure pour chacune le taux de recoupement final (septembre 2025) et la progression sur 16 mois :

Industrie Overlap final (sept. 2025) Évolution sur 16 mois Lecture
Santé 75,3 % Gains modérés YMYL fort, Google privilégie les sources de confiance bien classées
Éducation 72,6 % +53,2 pts YMYL, croissance massive sur la période
Tech B2B 71,0 % +32,4 pts Sources techniques bien identifiées par Google
Assurance 68,6 % +47,7 pts YMYL fort, sources éditoriales privilégiées
Finance 32,2 % Stable Étonnamment stable malgré le statut YMYL
Divertissement 25,9 % Démarrage tardif Catégorie longtemps épargnée par les AIO
Voyage 23,6 % Parti de quasi zéro AIO peu actifs sur cette verticale
E-commerce 22,9 % +0,6 pt seulement Quasi-stagnation, et même recul ponctuel (voir plus bas)
Restauration 19,2 % Parti de zéro Catégorie peu touchée par les AIO

Trois choses ressortent de ce tableau.

Les secteurs YMYL au-dessus de 68 %

Les industries dites YMYL (Your Money or Your Life : santé, éducation, finance, assurance) tirent la moyenne vers le haut. Pour ces secteurs, Google semble appliquer un filtre de confiance supplémentaire qui privilégie les sources déjà bien classées organiquement. C'est cohérent avec la doctrine SEO Google sur la sécurité éditoriale dans les sujets sensibles. La finance fait exception, à 32,2 %, sensiblement plus bas que ses voisines YMYL.

Les secteurs lifestyle loin derrière

À l'inverse, voyage, restauration, divertissement et e-commerce restent sous les 26 % de recoupement. Sur ces verticales, les AIO sont soit moins fréquents, soit s'appuient sur des sources qui ne correspondent pas au classement organique habituel (avis utilisateurs, contenus communautaires, sources éditoriales hors top 100).

Le cas e-commerce

En e-commerce, la couverture des aperçus a reculé de 7,6 points sur la période. C'est le seul secteur observé qui va à contre-courant. Une hypothèse circule pour l'expliquer, et le rapport ne la tranche pas. Sur les requêtes d'achat, Google gagne de l'argent avec Shopping Ads. Y pousser un aperçu qui répond à la place des annonces jouerait contre son propre modèle.

Ce que change la segmentation dans la pratique. Une stratégie GEO appliquée à un site santé ne ressemble pas à une stratégie GEO appliquée à un site e-commerce. Sur le premier, viser le top 10 garde un sens fort (75 % de recoupement). Sur le second, le top 10 ne garantit presque rien dans les AIO (23 %), il faut chercher des leviers ailleurs.

L'inflexion de septembre 2024

Le rapport situe une rupture nette en septembre 2024, avec +5,4 points de recoupement en deux mois. La date correspond à l'élargissement du déploiement public des aperçus IA.

Avant, les aperçus étaient encore expérimentaux et puisaient un peu partout. Après, Google s'est appuyé plus systématiquement sur son propre classement pour choisir ses sources. Le rapport ne dit pas pourquoi ; il montre que la règle du jeu peut changer en deux mois.

Quatre conséquences pour une stratégie GEO

  1. Ne pas se laisser piéger par le 54,5 %. Il fait croire à une convergence forte entre aperçus et SEO, alors que 16,7 % seulement des citations AIO viennent du top 10. Le top 10 reste utile, mais il est très loin de couvrir le terrain.
  2. Adapter la stratégie selon le secteur. Un programme GEO santé ou éducation gagne à pousser sur les fondamentaux SEO (le top 10 capte une grosse part). Un programme GEO e-commerce ou voyage doit chercher ses citations sur des terrains qui ne sont pas le classement organique seul (avis, sources tierces, communautés).
  3. Travailler le classement au sens large, pas seulement le top 10. Si la majorité des citations AIO viennent de positions 21 à 100, alors une page positionnée en page 3 ou 4 peut très bien finir citée dans un AIO. Les contenus de longue traîne reprennent une importance qu'ils avaient perdue.
  4. Surveiller les inflexions algorithmiques. Le saut de septembre 2024 montre que Google peut faire bouger fortement les règles du jeu en quelques semaines. Une stratégie GEO sérieuse intègre cette volatilité dans ses arbitrages, pas seulement dans son discours.

Les limites du rapport

  • Source commerciale. BrightEdge est un éditeur SEO qui vend des outils de mesure. Le rapport sert aussi à démontrer la valeur de son Generative Parser. Aucun élément ne suggère que les chiffres sont biaisés, mais l'angle reste celui d'une publication d'éditeur, pas d'une recherche académique indépendante.
  • Taille d'échantillon non publiée. Le rapport indique « 9 industries » et 16 mois de suivi, mais ne précise pas combien de requêtes ou de sites par industrie. Sans cette donnée, il est difficile d'évaluer la robustesse statistique des chiffres sectoriels.
  • Pas d'intervalles de confiance. Aucune marge d'erreur n'est associée aux pourcentages. Les évolutions d'industries comme finance (« stable ») ou e-commerce (−7,6 pts) peuvent ou non être significatives, on n'a pas les outils pour le savoir à partir du rapport seul.
  • Données US. BrightEdge mesure principalement le marché américain. Sur les requêtes francophones, les recoupements par secteur peuvent différer.
  • Méthodologie d'attribution non détaillée. Le rapport ne dit pas comment BrightEdge décide qu'une citation AIO « vient » d'une page classée organiquement, ni à quel niveau se fait la correspondance, URL exacte, domaine ou position.

Source

Études complémentaires sur le site :