LLM-GEO.fr
veille en direct FR / EN

Fiche étudeOmniscient DigitalJanvier 2026

Omniscient Digital 2026 : quand on interroge une IA sur une marque, elle parle surtout des autres

Publié le 8 janvier 2026 (étude Omniscient Digital) Auteure de l'étude : Cate Dombrowski (Research Analyst) Lecture : ~11 min
  • Omniscient Digital a analysé 23 387 sources citées par les IA en réponse à 240 requêtes de marque, sur 5 moteurs (ChatGPT, Perplexity, Gemini, AI Mode, AI Overviews).
  • Quand une IA répond à une question sur une marque, elle s'appuie surtout sur des tiers : 48 % de sources tierces (earned media), 30 % de contenu concurrent, et seulement 23 % du contenu propre de la marque.
  • La nature de la source dépend fortement de l'intention : sur les requêtes « avis clients », l'IA cite des sources tierces 82 % du temps ; sur les requêtes « fonctionnalités / intégrations », elle cite le site de la marque 50 % du temps.
  • Conséquence directe pour le GEO : on ne contrôle qu'une fraction du récit que l'IA fait de sa propre marque. L'essentiel se joue sur des sources qu'on ne possède pas (presse, forums, avis, annuaires).

La plupart des études GEO mesurent quels domaines sont cités en général. Celle d'Omniscient Digital, publiée le 8 janvier 2026, pose une question plus ciblée et très concrète pour une marque : lorsqu'un utilisateur interroge une IA sur vous précisément, d'où l'IA tire-t-elle sa réponse ? De votre site ? De celui de vos concurrents ? De la presse ? La réponse, chiffrée, est instructive et un peu inconfortable.

Qui publie et avec quels intérêts

L'étude est signée par Cate Dombrowski, Research Analyst chez Omniscient Digital, une agence de croissance organique spécialisée dans le SEO, le GEO et le contenu pour des entreprises B2B SaaS. L'intérêt commercial est donc présent et il faut le garder en tête : l'agence vend précisément des prestations qui découlent de ce constat (travailler sa visibilité dans les réponses IA).

Cela dit, la méthodologie est transparente et le protocole est reproductible. Le résultat principal ne flatte d'ailleurs pas un réflexe commercial facile (il ne dit pas « produisez plus de contenu sur votre site », mais plutôt l'inverse), ce qui lui donne une certaine crédibilité.

Statut de la source. Étude d'agence fondée sur un outil de suivi tiers (Peec AI). Échantillon de taille moyenne, orienté B2B. Pas de tests de significativité statistique publiés. À traiter comme une indication directionnelle solide, à confronter à son propre secteur.

La méthodologie

Élément méthodologique Valeur
Sources citées analysées 23 387
Requêtes (prompts) de marque 240, chacune contenant un nom de marque précis
Moteurs interrogés ChatGPT, Perplexity, Gemini, Google AI Mode, AI Overviews
Outil Peec AI (plateforme de visibilité IA, restitue les citations cliquables)
Secteurs couverts B2B SaaS, produits de grande consommation, services professionnels, finance
Types d'intention Comparaison concurrents, avis clients, évaluation directe, fonctionnalités/intégrations, preuves, prix/achat

Chaque prompt étant passé dans plusieurs moteurs et générant plusieurs citations, le corpus atteint 23 387 sources uniques. Chaque source a ensuite été classée en trois grandes familles selon qui la possède : la marque elle-même, un tiers neutre, ou un concurrent.

Le résultat central : la marque ne pèse qu'un quart

Voici la répartition des sources sur lesquelles l'IA s'appuie pour répondre à une question de marque :

23 % Part des citations qui proviennent du contenu propre de la marque (son propre site). Les 77 % restants viennent de tiers ou de concurrents. Source : Omniscient Digital | How LLMs Source Brand Information (8 janv. 2026)

D'où viennent les citations sur une requête de marque

Répartition des 23 387 sources par type de propriétaire (Omniscient Digital, 2026)

  • Sources tierces (earned media) 48 %
  • Contenu concurrent 30 %
  • Contenu propre de la marque 23 %

Source : Omniscient Digital, 2026. Earned media = sources tierces non commerciales (presse, forums, avis, annuaires). Contenu concurrent = pages rédigées par d'autres acteurs du marché.

Le constat est net : sur une question de marque, plus des trois quarts de ce que l'IA cite ne vient pas de la marque. Et 30 % vient carrément de contenus rédigés par d'autres acteurs du marché (comparatifs, articles concurrents, alternatives). Autrement dit, quand un prospect demande à une IA « que vaut telle entreprise », la réponse est en grande partie écrite par des gens que cette entreprise ne contrôle pas, et parfois par ses propres concurrents.

Le détail des sources tierces

Les 48 % de sources tierces (earned media) se décomposent en quatre familles assez équilibrées :

Type de source tierce Part des citations totales
Médias éditoriaux et presse indépendante 16 %
Forums et réseaux sociaux 11 %
Sites d'avis 11 %
Annuaires et sites de référence 10 %

Aucune de ces quatre familles ne domine : la visibilité d'une marque dans les réponses IA se construit sur un faisceau de sources tierces, pas sur un canal unique. Être présent dans la presse spécialisée, surveillé sur les sites d'avis, mentionné sur les forums et correctement référencé dans les annuaires sont quatre leviers complémentaires, pas interchangeables. C'est cohérent avec ce que mesure Digital Bloom sur la présence multi-plateformes comme prédicteur de citation.

L'intention de la requête change tout

La moyenne (23 % de contenu propre) cache de fortes variations selon ce que cherche l'utilisateur. L'étude isole deux extrêmes très parlants :

82 % Part de citations issues de sources tierces sur les requêtes « avis clients ». À l'inverse, sur les requêtes « fonctionnalités / intégrations », le site de la marque représente 50 % des citations. Source : Omniscient Digital, 2026

La logique est intuitive une fois posée : quand l'utilisateur cherche un avis, l'IA juge plus crédible une source extérieure (forum, site d'avis, presse) que le discours de la marque sur elle-même, d'où 82 % de tiers. Mais quand l'utilisateur pose une question factuelle et technique (telle fonctionnalité existe-t-elle, telle intégration est-elle disponible), l'IA fait davantage confiance à la source officielle, et le site de la marque remonte à 50 %.

Pour le GEO, cette nuance est précieuse. Elle dit où le travail sur son propre site est payant (les requêtes factuelles, techniques, produit) et où il ne suffira jamais (les requêtes d'opinion et de réputation, qui se gagnent ailleurs).

Ce qu'on peut en tirer concrètement

  1. Accepter qu'on ne contrôle pas tout son récit. 77 % des citations sur une requête de marque viennent de l'extérieur. Une stratégie GEO qui se limite à optimiser son propre site passe à côté de l'essentiel du sujet.
  2. Travailler les sources tierces comme un actif. Presse spécialisée, sites d'avis, forums, annuaires : ces quatre familles pèsent chacune autant. Obtenir des mentions et des avis de qualité sur ces canaux a un effet direct sur ce que l'IA dira de vous.
  3. Surveiller le contenu concurrent. 30 % des citations viennent de contenus d'autres acteurs, parfois de comparatifs où vous figurez en mal. Savoir ce que disent ces pages, et chercher à y être représenté correctement, fait partie du GEO de marque.
  4. Adapter l'effort à l'intention. Sur les requêtes factuelles et produit, soigner ses pages officielles paie (jusqu'à 50 % des citations). Sur les requêtes d'avis et de réputation, l'effort doit porter sur les sources tierces, car votre propre site n'y pèsera presque rien.
  5. Croiser avec la volatilité. Ces sources tierces sont aussi les plus instables dans le temps : SISTRIX mesure que les co-citations d'une marque tournent à 70 % par semaine. Il ne s'agit donc pas d'obtenir une mention une fois, mais d'entretenir une présence durable.

Limites de l'étude

  • Échantillon orienté B2B. Les secteurs couverts (SaaS, services pro, finance, grande conso) ne représentent pas tous les marchés. La répartition exacte peut différer pour un e-commerce grand public ou un média.
  • 240 prompts, taille moyenne. Le corpus de citations est important (23 387) mais il découle d'un nombre de requêtes relativement limité. À considérer comme directionnel.
  • Dépendance à un outil tiers. Les citations sont collectées via Peec AI : la mesure dépend de la façon dont cet outil capte et restitue les sources, ce qui peut introduire un biais.
  • Pas de tests de significativité. Aucune marge d'erreur publiée. Les écarts sont à lire en ordres de grandeur.
  • Biais d'éditeur. Omniscient Digital vend des prestations GEO. Le cadrage du sujet sert aussi un argumentaire commercial, même si le résultat principal reste crédible.

Sources

Études complémentaires sur le site :