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Fiche étudeProfoundJuillet 2026

Profound : dans l'AI Mode, google.com est devenu le 2e domaine que Google cite le plus

Rapport publié le 14 juillet 2026 Auteur : Davis McCain (Profound) Période : 15 avril → 30 juin 2026 Lecture : ~9 min Analyse : Josselin Leydier
  • Entre le 15 avril et le 30 juin 2026, la part de citation de google.com à l'intérieur de l'AI Mode de Google a été multipliée par 8,4. Le domaine est devenu le deuxième le plus cité par le moteur.
  • Corpus : plus de 32 millions d'instances de google.com/searchviewer/ relevées par Profound.
  • La hausse ne vient pas des pages de résultats classiques. Elle vient presque entièrement de deux surfaces hébergées par Google : les fiches Google Business Profile et les Product Knowledge Panels.
  • Secteurs les plus exposés, tous à composante locale : hôtellerie et voyage, services à domicile, restauration, immobilier, santé.
  • L'enjeu n'est pas le classement d'un domaine dans un tableau. C'est qu'un emplacement de citation capté par Google est un emplacement perdu pour un éditeur ou une marque, et que la réponse ne mène nulle part hors de Google.

Profound édite une plateforme de suivi de visibilité dans les moteurs génératifs. Son équipe de recherche publie régulièrement des relevés de citations, et celui du 14 juillet 2026 documente un mouvement net : à l'intérieur de sa propre réponse IA, Google s'est mis à citer massivement ses propres pages. Search Engine Land et Search Engine Journal ont repris la mesure les 15 et 20 juillet.

Pourquoi cette étude tient mieux que la moyenne du secteur. C'est du comptage, pas de l'inférence : on relève des citations et on les attribue à un domaine. Aucune corrélation, aucun modèle, aucun facteur de classement déduit. C'est le type de mesure le plus difficile à faire dire n'importe quoi, et le plus facile à vérifier soi-même : trois requêtes locales dans l'AI Mode suffisent à voir apparaître les fiches d'établissement. Le conflit d'intérêts est par ailleurs faible : la conclusion met en cause Google, elle ne vend pas l'outil de Profound. Les réserves portent ailleurs, sur ce que le rapport ne publie pas et sur la définition de ce qu'on appelle une « citation ». Voir plus bas.

La méthodologie en bref

Élément Valeur
Période de mesure 15 avril → 30 juin 2026 (environ deux mois et demi)
Volume analysé Plus de 32 millions d'instances de google.com/searchviewer/
Moteur observé Google AI Mode uniquement
Indicateur suivi Citation share : part des citations attribuée à un domaine
Publication 14 juillet 2026
Auteur Davis McCain, équipe recherche de Profound
Jeu de prompts, géographie, part absolue, domaine n°1 Non publiés

Le chiffre : ×8,4 en deux mois et demi

Profound publie une croissance, pas un niveau. Le rapport indique que la part de citation de google.com a été multipliée par 8,4 sur la période, et que le domaine occupe désormais la deuxième place du classement des sources de l'AI Mode. Faute de part absolue publiée, le graphique ci-dessous est exprimé en indice base 100 au 15 avril : c'est la seule représentation fidèle de ce que la source donne réellement.

Part de citation de google.com dans l'AI Mode

Indice base 100 au 15 avril 2026 | Profound, 32 M+ d'instances relevées

  • 15 avril 2026 100
  • 30 juin 2026 840

Lecture : la part de citation à la fin de la période vaut 8,4 fois celle du début. Profound ne publie ni la valeur de départ, ni la valeur d'arrivée en pourcentage. Un multiplicateur calculé sur une base basse amplifie toujours l'impression : à retenir comme une direction forte, pas comme une amplitude vérifiable.

Ce que Google cite quand il se cite

Le point le plus utile du rapport n'est pas le multiplicateur, c'est la ventilation. La croissance ne vient pas des pages de résultats de Google en général, mais de deux surfaces précises :

  • Les fiches Google Business Profile, servies sous google.com/searchviewer/. C'est la carte d'établissement local : horaires, photos, avis, itinéraire.
  • Les Product Knowledge Panels, servis sous google.com/search?. C'est la carte produit : prix, marchands, caractéristiques, avis agrégés.

Ce sont deux formats que Google construit à partir de données que d'autres lui fournissent (les commerçants pour les fiches, les marchands et les flux produits pour les panneaux) et qu'il republie sous son propre domaine. Quand l'AI Mode les cite, il ne renvoie pas vers une source : il renvoie vers lui-même.

Le circuit d'une requête locale dans l'AI Mode Où mène une citation de l'AI Mode sur une requête locale Requête utilisateur « plombier ouvert à Lyon » Google AI Mode réponse générée Fiche Business Profile / Knowledge Panel hébergée sur google.com, ×8,4 sur la période l'utilisateur ne sort pas de Google Site de l'entreprise, annuaire, média local emplacement de citation disputé, et en recul relatif Les données qui alimentent la fiche Google viennent du commerçant. La citation, elle, revient à Google.
Schéma LLM-GEO.fr, d'après Profound (14 juillet 2026).
Le classement dépend d'un choix de définition, et il faut le dire. Compter une fiche Google Business Profile comme une « citation du domaine google.com », au même titre qu'un article de presse ou une page de marque, est une convention de mesure. Elle est défendable (c'est bien une URL google.com qui est servie au lecteur), mais elle n'est pas neutre : c'est elle qui propulse google.com à la deuxième place. Avec une convention qui exclurait les surfaces internes du moteur, le classement serait très différent. Ce n'est pas un reproche adressé à Profound, qui documente clairement quelles surfaces il compte ; c'est une précaution à prendre avant de reprendre le titre tel quel.

Les secteurs concernés

Profound cite cinq verticales en tête, toutes marquées par une intention locale ou transactionnelle :

Rang Secteur Pourquoi il est exposé
1 Hôtellerie et voyage Fiches d'établissement riches, avis nombreux, réservation intégrée
2 Services à domicile Requêtes locales pures, où la fiche répond mieux qu'une page web
3 Restauration Horaires, menus, photos et avis déjà structurés chez Google
4 Immobilier Agences locales, fiches établissement, comparaison de prestataires
5 Santé Praticiens et établissements, avec un fort enjeu de proximité

Le rapport donne un ordre, pas des valeurs : on ne sait pas si l'écart entre le premier et le cinquième est de quelques points ou d'un facteur trois. C'est pourquoi ce tableau reste un tableau et n'est pas transformé ici en graphique.

Ce que l'étude ne dit pas

  • Ni la part de départ, ni la part d'arrivée. On connaît le multiplicateur, pas le niveau. Passer de 0,4 % à 3,4 % et passer de 2 % à 17 % donnent le même ×8,4 et n'ont pas du tout la même portée. C'est la limite la plus gênante du rapport.
  • Quel domaine occupe la première place ? Ni Profound, ni Search Engine Land, ni Search Engine Journal ne le précisent. Un classement dont on ignore le premier reste difficile à interpréter.
  • La ventilation entre les deux surfaces. Profound publie bien un graphique de la part de citation par sous-chemin de google.com, mais aucune valeur n'est reprise dans le texte : fiches d'établissement et panneaux produit sont désignés ensemble comme responsables de « presque toute » la hausse. Les deux n'appellent pourtant pas les mêmes actions.
  • Le jeu de prompts et la géographie. Comme dans à peu près toutes les mesures de ce type, ils ne sont pas publiés. Le corpus est vraisemblablement américain ; l'AI Mode n'est arrivé en France que le 22 juillet 2026, soit après la fin de la période observée.
  • Une fenêtre courte. Deux mois et demi, sur un moteur en déploiement actif. Une partie du mouvement peut relever d'un changement d'interface ponctuel plutôt que d'une trajectoire de fond. Il faudra une deuxième mesure pour trancher.
Un repère à manier avec précaution. Search Engine Journal rappelle, en marge de cette mesure, que Google aurait représenté environ 17 % des citations de l'AI Mode en mars 2026 (20 % en incluant YouTube), et que 43 % des réponses AI Overview renvoyaient vers des propriétés Google dès mai 2025. Ces chiffres proviennent de relevés distincts, avec d'autres périmètres : ils donnent une idée de l'ordre de grandeur, ils ne se raccordent pas au ×8,4 de Profound et ne doivent pas être présentés comme sa suite logique.

Ce que ça recoupe sur le site

  • L'AI Mode ne se comporte pas comme les AI Overviews. SISTRIX mesure que l'AI Mode renouvelle 56 % de ses sources chaque semaine, contre 5 % pour les AI Overviews. Un moteur qui rebat ses sources aussi vite peut effectivement basculer vers ses propres surfaces en quelques semaines.
  • L'AI Mode a un profil de sources à part. Meltwater en fait le moteur aux plus gros volumes bruts et au profil le plus social (YouTube, Reddit, Yahoo, Facebook), et la méta-analyse 5W y voit dominer Fandom. Trois relevés, trois hiérarchies différentes : la prudence s'impose sur tout classement de sources de l'AI Mode.
  • Le lien avec le query fan-out. Ahrefs a montré que Google éclate la requête en sous-requêtes et cite ce qu'il trouve dans ces SERP secondaires. Les fiches d'établissement et les panneaux produit sont précisément le type de réponse que ces sous-requêtes font remonter.
  • La conséquence côté trafic est déjà documentée. Le cas Minecraft.fr montrait que les pages les plus citées par l'IA sont aussi celles qui perdent le plus de clics. Ici, l'emplacement de citation n'est même plus disputé : il est occupé par le moteur.

Ce qu'on peut en tirer concrètement

  1. Traiter la fiche Google Business Profile comme un actif GEO, pas comme une formalité. Si la fiche est la source citée, sa complétude devient un levier de visibilité IA direct : horaires à jour, photos récentes, catégories correctes, tous les champs remplis, description travaillée. C'est la recommandation principale de Profound, et elle coûte peu.
  2. Reprendre la gestion des avis. Les avis nourrissent la fiche, donc la réponse. Les avis sans réponse sont un signal négatif visible directement dans le contenu que le moteur reprend.
  3. Structurer ses données produit. Pour l'e-commerce, le panneau produit se construit sur les flux marchands et le balisage. Un balisage produit propre (prix, disponibilité, avis agrégés) alimente la surface que le moteur cite.
  4. Réviser ses attentes de trafic sur les requêtes locales et produit. Sur ces intentions, la citation ne produit plus de visite. L'indicateur à suivre devient l'appel, l'itinéraire et la demande de devis, pas la session. Voir le guide des KPIs GEO.
  5. Ne pas généraliser au-delà du local et du produit. Rien dans ce rapport ne dit que Google s'auto-cite sur les requêtes informationnelles ou B2B. Le phénomène est concentré sur les intentions où Google possède déjà une base de données structurée.

Sources

Études complémentaires sur le site :

L'auteur de cette page

Josselin Leydier

Éditeur de sites et consultant SEO, spécialisé en GEO. Drôme, France.

Josselin Leydier a mis en ligne son premier site en 2006 et en édite aujourd'hui environ 200, qui lui servent de terrain de test en conditions réelles. Il est consultant SEO senior chez Semjuice. Il tient LLM-GEO.fr, une bibliothèque d'études sur le GEO où chaque chiffre est vérifié dans sa source primaire avant d'être relayé, et où les limites de chaque étude sont documentées.

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